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L’art : un business particulier

Dans les mentalités, l’art, le domaine
du rêve, a peu de rapport avec l’entreprise et pourtant… Même si les
entrepreneurs restent peu nombreux à se lancer dans ce marché, il s’avère très florissant. Les petites galeries sont parfois
devenues de grandes entreprises et certains artistes sont désormais
mondialement connus. L’art ne s’arrête pas seulement aux œuvres, c’est aussi de
la vente, du marketing et du networking.

Un marché très florissant

Après des années plutôt difficiles, le
marché de l’art retrouve une seconde jeunesse. En 2015 et 2016, il y avait un
net recul de -10% et -23% sur le marché de l’art. L’année
2017 a su rebondir avec une croissance de 20%. Grâce aux grandes fortunes
mondiales et aux œuvres qui se vendent mieux, à des prix exorbitants, un réel
engouement s’est produit. La croissance continue avec les millionnaires et les
milliardaires qui se multiplient et se consacrent très souvent à l’achat
d’œuvres hors du commun. D’autant plus que tout le globe est concerné, des
acheteurs du monde entier se ruent lors de vente aux enchères ou encore de
ventes privées. Ils ne sont pas les seuls à venir de tous les continents, les
entreprises aussi. En 2017, la Chine est arrivée première des ventes dans le
monde entier avec 5,1 milliards, les Etats Unis, eux, obtiennent la deuxième
place et la France est seulement quatrième avec 5% du chiffre d’affaires
mondial.

Si une telle croissance s’est produite
en 2017, c’est essentiellement grâce aux acheteurs venus de tous les horizons
qui  diversifient la demande. Férus d’art, ils préfèrent en général se cantonner aux œuvres de
leur patrimoine national. Mais le vaste marché de l’art dispose d’une telle
diversité que les acheteurs n’hésitent plus à acheter des œuvres qu’ils ne
ciblaient pas avant.

Christie’s et Sotheby’s : deux gros géants

Si les affaires se portent bien sur le
marché de l’art, c’est aussi grâce à deux entreprises mondiales qui possèdent
une grande part du marché. Elles se font concurrence depuis plusieurs années et
ne cessent de dévoiler des ventes démesurées. La plus remarquée des deux,
Christie’s, s’est démarquée en 2017 avec une vente qui a fait la une des
journaux. Celle du célèbre « Salvador Mundi », un tableau de Leonard de Vinci vendu pour 450,3 millions de
dollars. La vente vertigineuse a permis de départager Christie’s de Sotheby’s dans le palmarès. Les deux entreprises sont les plus
réputées du marché de l’art et adjugent de célèbres œuvres vendues à des
milliardaires. Mais Christie’s prend les devants grâce à son leadership dans
tous les domaines, elle a obtenu une hausse de 53% des ventes en 2017.

Ces deux grandes maisons s’affrontent
dans un coude-à-coude depuis plusieurs années. Elles représentent l’image du
marché de l’art et de sa réussite. Même si l’art
n’interpelle pas sur son côté entrepreneur, Christie’s et Sotheby’s sont la
preuve même que des sociétés existent et se démarquent dans le domaine. Chaque
année, elles réalisent des chiffres mirobolants et Sotheby’s, la new-yorkaise
est même cotée en bourse.

Les petites entreprises : les galeries

L’art devient vendeur et certains l’ont
bien compris. Partout, dans le monde, les galeries d’art se multiplient à vue
d’œil. Elles présentent parfois des œuvres très célèbres qui peuvent rapporter
gros, mais aussi de petits artistes qui font leurs premiers pas. Sur le marché
de l’art, la vente est la première activité, mais beaucoup de galeristes ces
dernières années refusent de voir une forme d’industrialisation. Selon Georges
Philippe Valois, le président du Comité professionnel des galeries d’art,
certaines « ne s’embarrassent pas de frais de production ou de catalogue et ont
un discours décomplexé de vendeur de vêtements » (propos
recueillis par Le Monde). Les amateurs d’art reprochent justement à ces
galeristes de valoriser la côte de l’artiste au lieu de favoriser l’œuvre et
les émotions qu’elle dégage. Ils précisent aux clients ce que les œuvres
vaudront dans dix ou vingt ans sans forcément s’attacher à ce qu’elles
représentent. Les remarques fusent depuis la démocratisation de l’achat d’œuvre
d’art. Ce marché par son côté lucratif attire de nombreuses personnes qui n’ont
pas toujours le goût de l’art, mais celui du gain. Bien entendu, il est plus
avantageux pour une galerie d’être rentable, mais les grands galeristes
reprochent à d’autres de s’attacher seulement à l’attrait financier. Cette
situation provient aussi d’un absence d’éducation artistique de certains
clients. Ils préfèrent parfois épargner dans des œuvres au lieu d’y mettre de
l’envie et des émotions.

Un marché lucratif mais particulier

Certes, le marché de l’art devient
lucratif, mais depuis l’ascension des géants comme Christie’s et Sotheby’s
certains y voient un business juteux sans l’attrait émotionnel. Le directeur
général de Christie’s, François Pinault dans une interview au
journal Les Echos préfère y voir un phénomène de globalisation. Les acteurs du
marché ont besoin de s’étendre à l’international, ce qui produit un phénomène
de célébrité pour l’art et les achats se multiplient. Lors de la vente aux
enchères du « Salavador Mundi », 450 000 personnes étaient présentes sur le live Facebook.
Comme tous les secteurs, l’art se démocratise,
pas forcément pour les porte-monnaies mais pour les mentalités. Comme il se développe de plus en plus, lors de sa croissance en 2017, le
nombre d’artistes a aussi doublé.

Pour certains, il s’agit seulement d’un
business, pour d’autres, c’est une passion qui rapporte. Même s’il est
fructueux, l’art reste un domaine particulier qui n’a pas les mêmes critères et
spécificités que les autres secteurs. Il est réservé à une certaine
élite et créer son entreprise dans ce domaine peut relever de la folie. Mais ce
n’est pas impossible, s’entourer des bons experts et d’un carnet d’adresses
bien fourni peut vous aider à vous lancer.

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