Les qualités de l'entrepreneurPersonnel

Peut-on être entrepreneur et philanthrope ?

Comme on le constate avec les entreprises françaises qui pratiquent majoritairement le mécénat, les entrepreneurs savent se montrer généreux. Une générosité poussée à son paroxysme avec les entrepreneurs philanthropes américains, à l’image de Bill Gates (Microsoft) et, plus récemment, de Mark Zuckerberg (Facebook). Alors, peut-on à la fois être entrepreneur et philanthrope ?

Le modèle américain

Lorsque l’on évoque les grands entrepreneurs philanthropes, on pense inévitablement à Bill Gates, le généreux milliardaire américain. Ce dernier a légué une grande partie de sa fortune personnelle à sa fondation : la « Bill and Melina Gates Foundation ». Ainsi, depuis  1999, Bill Gates a versé près de 11 milliards de dollars à plus d’une centaine de pays. L’objectif de l’homme d’affaires est de participer au développement économique de toute une population touchée par la grande pauvreté. Les milliards de dollars de Bill Gates sont investis dans des projets de développement économique donc, mais aussi dans des organismes permettant d’améliorer la santé et enfin dans des projets éducatifs. L’aide humanitaire du célèbre fondateur de Microsoft est estimée à deux fois le montant total de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) chaque année ! Ainsi, la fondation de Bill Gates est la plus grande association philanthrope au monde à ce jour.

Pourtant, un autre entrepreneur milliardaire américain a défrayé la chronique très récemment. Il s’agit de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui a décidé de léguer pas moins de 99% du capital (estimé à 45 milliards de dollars) de sa célèbre entreprise de réseaux sociaux à la fondation qu’il va créer ! Sa fondation, tout comme celle de Bill Gates, visera à améliorer la santé de ceux qui sont éloignés des soins car trop chers et portera également sur des projets éducatifs et de développement économique.

Par ces deux exemples, on constate toute la démesure américaine, même lorsqu’elle s’aère bienfaitrice. En France et en Europe, ce type de dons conséquents consacrés à l’aide humanitaire reste difficile, voire impossible, à cause de la réglementation trop stricte et de montages financiers trop complexes à réaliser. Mais, à une toute autre échelle, les entrepreneurs français ou européens savent également se montrer généreux.

Les entrepreneurs français et le mécénat

A l’image des américains, les entrepreneurs français peuvent aussi se montrer solidaires de nobles causes. Cependant, les montants des donations faites aux associations à l’échelle européenne n’ont rien à voir avec les sommes faramineuses versées par les milliardaires américains à leurs fondations.

On peut citer plusieurs entrepreneurs français philanthropes comme, par exemple, Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la 3ème agence de notation mondiale (Fitch) dont la fortune personnelle est estimée à 700 millions d’euros. Il s’engage dans de nombreuses actions solidaires notamment à travers sa fondation « Culture et diversité ». De même, Maurice Lévy (PDG de Publicis Groupe) se bat auprès de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière pour faire avancer les recherches. Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric a, quant à lui, investi du temps et de l’argent en faveur des plus démunis via sa fondation personnelle.

Vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de :

  • 66 % des dons faits à des organismes d’intérêt général, dans la limite de 20 % de vos revenus imposables
  • 75 % des dons faits aux associations d’aides aux personnes, dans la limite de 1 000 euros de dons (montant 2020)
  • 40 à 60 % des dons si vous agissez dans le cadre du mécénat d’entreprise.
  • Le mécénat d’entreprise, selon le site du service public Un dispositif comparable est proposé aux professionnels dans le cadre du mécénat d’entreprise, qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt en cas de don (financier ou matériel) à une œuvre d’intérêt général, ou d’achat d’un bien culturel déclaré trésor national. Les modalités sont modifiées par l’article 134 de la loi de finances pour 2020, qui fixe la réduction d’impôt à :
    • 60 % pour les dons, quel que soit leur montant, au profit des organismes sans but lucratif qui procèdent à la fourniture de prestations ou de produits à des personnes en difficulté. La liste de ces prestations et produits est fixée par le décret n° 2020-1013 du 7 août 2020.
    • 60 % jusqu’à 2 M€ pour les dons d’intérêt général
    • 40 % au-delà de 2 M€ pour les dons d’intérêt général
    • Plafonnement du montant du don : 20 000 €, ou 5 pour mille du chiffre d’affaires de l’entreprise.
    Le dispositif est fixé par l’article 238 bis du code général des impôts et commenté par la documentation fiscale BOI-BIC-RICI-20-30 du bulletin officiel des finances publiques – impôts.

Ce sont ainsi tout de même trois quarts des entrepreneurs français qui pratiquent une forme de mécénat en soutenant des associations ou des œuvres caritatives. De même, plus de la moitié des dirigeants d’entreprises français ont effectué des dons en argent à des associations durant les deux dernières années écoulées. Ce taux de participation à des œuvres de charité n’est, au bout du compte, pas beaucoup plus élevé que celui des particuliers. Par contre, les montants versés aux associations par les entrepreneurs se chiffrent en centaines, voire en milliers d’euros alors que les dons des particuliers s’élèvent ma plupart du temps à quelques dizaines d’euros (57 euros par chèque et 95 euros via internet et les dons en ligne en moyenne).

Mais le mécénat des entrepreneurs ne se limite pas à ces participations financières. De fait, certains entrepreneurs consacrent aussi de leur temps pour développer le mécénat et ils s’investissent personnellement en amenant leurs compétences professionnelles, avec une approche entrepreneuriale.

Souvent, les entrepreneurs français se montrent sélectifs quant au choix des associations qu’ils vont soutenir. Ils s’accordent un droit de regard sur la « qualité » du projet humain qui leur est présenté. Quand le projet est jugé viable et sûr, les dirigeants d’entreprises s’investissent réellement en temps et en argent dans leurs actions caritatives.

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