Les jeunes diplômés et l’entreprise

Le choc des générations est devenu particulièrement sensible depuis quelques années dans les entreprises. Depuis l’arrivée récente de la génération Z sur le marché du travail, les différences avec les précédentes demeurent de plus en plus perceptibles. Les attentes et motivations des jeunes s’avèrent bien différentes de celles de leurs aînés et un fossé semble se creuser. Cette jeunesse va devenir majoritaire en entreprise mais quelles sont ses attentes ? Comment la séduire ?

L’évolution et l’adaptation des entreprises deviennent nécessaires. Selon une étude du cabinet d’audit Deloitte parue dans Capital, 29% des jeunes diplômés disent vouloir se tourner vers une entreprise de taille intermédiaire, 24% vers une PME et 13% vers une entreprise familiale. Seulement 10% souhaitent intégrer une start-up.

La jeunesse recherche des missions utiles ayant un impact positif sur la société et la planète, de la flexibilité dans le travail et de l’équilibre entre temps de vie professionnelle et personnelle. Voici les demandes évoquées lors de l’étude de la génération Covid-19 envers le monde du travail selon l’enquête d’Harris interactive en partenariat avec Epoka et l’Etudiant. 

Quelles sont les attentes des jeunes ?

Près d’un jeune sur deux souhaite créer sa propre entreprise, mais pas tout de suite. 33% envisagent de la lancer seulement dans les trois à dix ans à venir. La conciliation de la vie professionnelle et privée figure être un facteur essentiel pour eux. 87% estiment qu’il est important d’avoir des horaires flexibles pour adapter leurs tâches de travail en fonction de leurs besoins.

L’autonomie devient un facteur-clé. Pouvoir s’ »auto-manager » en restant libre, tout en respectant la stratégie de l’entreprise, demeure un enjeu majeur pour cette génération. Si elle souhaite de l’autonomie, le travail à domicile occupe lui une place moins déterminante que l’on ne pourrait penser avec 59% des voix. Pouvoir travailler depuis un autre lieu demeure de plus en plus recherché mais seulement 44% veulent travailler en indépendant. Une contradiction entre autonomie et indépendance.

Le bien-être au travail revient parmi les exigences de cette nouvelle génération avec une attention particulière sur le fait de pouvoir déjeuner facilement. 69% demandent une cafétéria et 68% un restaurant d’entreprise. 51% voudraient une crèche et 47% une salle de sport contre seulement 27% une conciergerie.

La recherche de sens dans le travail demeure une préoccupation présente dans l’esprit de la génération Z. La question « A quoi sert cette tâche ? » reste fréquemment posée. Si elle ne représente pas une remise en cause de l’autorité, elle indique une particulière attention à comprendre le sens de son travail et sa contribution. Un feedback reste également très attendu. Il leur paraît normal d’avoir des retours directs sur ce qu’ils font.

Comment séduire cette génération ?

Selon une étude Millennial Survey 2016 du cabinet Deloitte parue sur Capital, deux tiers des employés issus de la génération Y expriment aujourd’hui l’envie de quitter leur entreprise actuelle. Les coûts liés au turn-over s’avèrent de plus en plus élevés  pour les entreprises. Réussir à les garder ou, au contraire, les attirer devient un véritable enjeu pour les entreprises. Pour ces jeunes, les valeurs qui favorisent le succès à long terme figurent être dans les rapports humains, l’éthique et l’attention portées aux clients. La nouvelle génération est particulièrement attentive à ce que l’entreprise pense à elle et à ce qu’il existe un contact entre les dirigeants et les salariés.

L’utilisation du digital reste conseillée avec cette génération baignée dedans. Pour effectuer la transition et devenir « connecté », la présence d’outils en ligne ne suffira probablement pas. Rester à la pointe de la technologie avec des applications mobiles deviendra sûrement nécessaire. L’accessibilité, la capacité à se réinventer et de mettre en œuvre des solutions innovantes contribuera à retenir ses salariés. La prise en compte des loisirs et d’espaces de détente peut se révéler un facteur déterminant. Une simple table de ping-pong, pièce pour la sieste ou un espace ouvert valorise fortement les entreprises. L’ambiance à la « cool » est à la mode et se développe.

A l’inverse des générations antérieures, cette jeunesse se distingue par l’attention particulière qu’elle porte à ce que sa voix soit entendue. Un changement de culture s’impose dans les entreprises qui souhaitent garder et attirer les talents de demain.

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