L’engouement des Français pour l’entrepreneuriat s’est-il tari ou continue-t-il de perdurer dans ce contexte économique difficile ? Les Français ont-ils toujours envie d’entreprendre ? Focus sur ce secteur porteur de création d’emplois.
Chiffre éloquent
Une étude menée par OpinionWay pour Go Entrepreneurs auprès d’un échantillon représentatif de la population française montre que près d’un Français sur trois a envie d’entreprendre, de créer une entreprise, d’en reprendre une ou de se mettre à son compte (29 %), soit près de 15,7 millions d’entrepreneurs potentiels en France. Cette tendance à la hausse se confirme d’année en année.
Les jeunes sont une nouvelle fois les moteurs de cet engouement : 49 % des 18-24 ans et 59 % des 25-34 ans déclarent vouloir franchir le pas. Par ailleurs, la moitié de ces porteurs de projet envisage une concrétisation rapide, au cours des deux prochaines années.
Des projets déjà préparés
En quelques années, l’entrepreneuriat s’est démocratisé et s’est détaché de la seule logique de transmission familiale. Parmi les Français qui souhaitent entreprendre, les jeunes sont d’ailleurs plus avancés dans leur démarche : ils sont une grande majorité à avoir déjà formalisé ou préparé leur projet par rapport au reste de la population.
Mais pourquoi donc créer ?
Les Français souhaitent d’abord être leur propre patron et faire les choses à leur façon, tout en cherchant à exprimer leur créativité (49 %) et à s’épanouir personnellement (48 %), des critères désormais placés avant la recherche de rentabilité immédiate.
Cette volonté d’émancipation et d’autonomie s’observe chez la plupart des répondants, qu’ils aient déjà un projet structuré ou non. À noter que le métier passion continue de faire rêver les futurs créateurs, en particulier la jeune génération. Par ailleurs, la quête de sens progresse : plus d’un Français sur deux (52 %) se dit prêt à accepter une rémunération moindre pour exercer une activité ayant un impact sociétal ou environnemental positif.
Comme le soulignent les responsables de l’événement Go Entrepreneurs : « Il est intéressant d’observer que les raisons poussant les Français sur la voie de l’entrepreneuriat sont davantage de l’ordre de l’épanouissement. Cela démontre une certaine évolution dans la perception de l’image de l’entrepreneur au fil des années. Celle-ci est encourageante car elle permettra de casser de nombreux préjugés liés à la création d’entreprise, notamment sur son financement ou les qualifications requises. »
Les secteurs visés
Une majorité de Français souhaite se tourner vers le secteur dans lequel ils évoluent actuellement, tout en plébiscitant l’ancrage territorial : 83 % d’entre eux privilégient la France et leur région pour développer leur activité.
Les métiers de l’artisanat (ébéniste, coiffeur, fleuriste, plombier, etc.) ainsi que l’hôtellerie / restauration (hôtel, gîte, bar, restaurant, etc.) continuent d’attirer une part importante des porteurs de projet. À l’inverse, les start-ups technologiques innovantes (Edtech, Healthtech, Fintech) suscitent un engouement plus ciblé, attirant principalement un public jeune et spécialisé.
La peur de l’échec n’a pas disparu
Bien qu’une part importante de la population estime avoir le profil pour « faire de bons entrepreneurs », qu’est-ce qui les retient de sauter le pas ? La peur de l’instabilité financière et de l’irrégularité des revenus reste le frein n°1, citée par 57 % des femmes et 47 % des hommes. L’anticipation des besoins en trésorerie et le manque d’apport personnel constituent également des blocages majeurs lors du lancement.
Surtout, l’impression de manquer de compétences en gestion et en management touche jusqu’à 87 % des moins de 35 ans. Cela explique pourquoi la peur de l’échec et du risque financier paralyse encore près de deux répondants sur trois, toutes catégories confondues, qu’il s’agisse de se lancer avant 25 ans ou d’entreprendre après 50 ans.
Une conscience des dispositifs d’aide
Les porteurs de projet restent toutefois conscients qu’il existe des solutions matérielles. Près de la moitié d’entre eux identifient clairement les aides financières (primes, subventions, bourses…) comme un « dispositif sur lequel s’appuyer pour la création de leur projet ».
Ils connaissent également les nouvelles solutions de financement (prêt participatif, prêt d’honneur, prêt bonifié). Enfin, une majorité d’entre eux regrette toujours que le système scolaire ne prépare pas suffisamment à la création d’entreprise et à la culture entrepreneuriale dès le plus jeune âge.
