Le travail à temps partagé : kézako ?

Le travail à temps partagé, c’est une formule simple : elle permet à des professionnels de travailler à temps partiel pour plusieurs entreprises à la fois. Mais concrètement, comment ça marche et pourquoi tout le monde y gagne ?

La dernière édition du Baromètre du temps partagé, enrichie par une grande enquête nationale auprès des pros et des structures du secteur (notamment les groupements d’employeurs et le multi-salariat), met en lumière les grandes tendances du moment :

  • Un vrai choix de vie : 96 % des sondés veulent continuer ainsi. Ce qui les séduit ? La diversité des missions (29 %) et l’autonomie au quotidien (26 %).
  • Partout et pour tous : ce mode de travail se déploie désormais aux quatre coins de la France et touche tous les secteurs d’activité.
  • L’expérience au rendez-vous : les profils restent majoritairement des professionnels chevronnés (87 % ont 40 ans et plus) qui s’inscrivent dans la durée (un quart d’entre eux exerce depuis plus de 5 ans).
  • Le coup de cœur des entreprises : les recruteurs adorent cette formule pour la flexibilité qu’elle offre (27 %) et l’expertise pointue qu’apportent ces professionnels (26 %).
  • De nouvelles habitudes ancrées : les profils non-cadres (techniciens, employés qualifiés) sont de plus en plus nombreux à sauter le pas. De plus, réussir à cumuler plusieurs temps partiels pour reconstituer un temps plein est devenu une réalité durable dans notre économie.

Le système du travail à temps partagé

Pour se lancer, le professionnel signe un contrat de travail avec un groupement d’employeurs (GE) ou une société spécialisée. Pas d’inquiétude pour la sécurité : ce contrat est solidement encadré par le Code du travail.

Le principe du Groupement d’Employeurs (GE) est astucieux : plusieurs entreprises s’associent (via une association ou une coopérative) pour embaucher ensemble. Le salarié travaille à temps partiel pour chacune d’elles, mais cumule un temps plein à l’échelle du groupement. Côté paperasse, c’est ultra-simple pour l’entreprise : chaque mois, elle paie juste une facture au groupement pour couvrir la prestation et la gestion administrative.

Les entreprises de travail à temps partagé

Si une entreprise ne fait pas partie d’un groupement, elle peut passer par une société de travail à temps partagé (parfois adossée à une agence d’intérim) pour recruter ces profils. Pour protéger les salariés, la loi impose à ces structures d’avoir une garantie financière obligatoire. C’est l’assurance que les salaires et les charges seront toujours payés, quoi qu’il arrive.

Tout comme l’intérim, le système repose sur une relation tripartite : l’entreprise de temps partagé, son entreprise cliente, et le salarié.

Le contrat de travail entre l’entreprise de travail à temps partagé et le salarié

Ce contrat, régi par le Code du travail, est en principe un CDI. Il intègre donc une période d’essai classique. Pour y mettre fin, la structure de temps partagé doit obligatoirement suivre la procédure légale de licenciement. Petite spécificité : si le salarié doit travailler hors de la France métropolitaine, l’employeur s’engage à gérer et financer son rapatriement.

Côté portefeuille et droits, le salarié est logé à la même enseigne que les autres : il bénéficie d’une rémunération et d’avantages identiques à n’importe quel salarié de l’entreprise utilisatrice occupant un poste similaire. Il a ainsi accès aux avantages du CSE (qui remplace l’ancien comité d’entreprise), comme les tickets-resto (ou le restaurant d’entreprise) et les activités sociales, culturelles ou de vacances.

Le contrat liant l’entreprise utilisatrice au groupement d’employeurs

Entre l’entreprise qui accueille le salarié et la structure d’origine, on signe un contrat de mise à disposition commercial. Ce document liste tout clairement : les missions, la durée, les horaires, les qualifications requises et le salaire. Évidemment, l’entreprise d’accueil s’engage à respecter la loi et à garantir au salarié d’excellentes conditions de travail, d’hygiène et de sécurité.

Les avantages pour les employeurs

C’est une vraie bouffée d’air frais pour les PME. Souvent, elles ont cruellement besoin de compétences pointues, mais n’ont ni le budget ni la structure pour embaucher un cadre à temps plein. Grâce au temps partagé, elles s’offrent une expertise de haut niveau – même sur des postes stratégiques comme un Directeur Financier (CFO), un Directeur des Ressources Humaines (DRH) ou un Directeur des Systèmes d’Information (DSI) – uniquement pour le volume d’heures dont elles ont besoin.

Les avantages pour les salariés

Pour le salarié, c’est le combo parfait : la sécurité d’un temps plein global et la richesse de la variété. Travailler dans plusieurs entreprises permet de briser la routine et de booster ses compétences. De plus, les salariés profitent d’une belle autonomie et d’une vraie stabilité d’emploi :

  • si l’un des employeurs traverse une mauvaise passe,
  • le salarié ne perd pas tout son contenu d’un coup,
  • ce qui sécurise son quotidien.

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