Le risque d’entreprendre, comment bien se préparer ?

Si la liberté et l’indépendance sont les premiers leviers du désir d’entreprendre, la réalité du terrain implique une gestion constante des incertitudes. Risques financiers, isolement ou protection sociale : que révèlent les chiffres sur le quotidien des dirigeants et comment bien s’y préparer pour pérenniser son activité ?

Entreprendre n’est pas une sinécure

Entreprendre n’est pas une sinécure. Avant de se lancer, les dirigeants ont pleinement conscience des risques qu’ils prennent, tant sur le plan personnel que professionnel. Alors pourquoi faire ce choix ? Beaucoup le font pour devenir indépendants ou parce qu’ils souhaitent développer une idée innovante.

Le baromètre AGIPI-OpinionWay sur la prise de risque des entrepreneurs et indépendants permet de mieux comprendre leur quotidien. Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 803 indépendants, chefs d’entreprise, dirigeants et artisans-commerçants à la tête d’entreprises du secteur privé comptant de 0 à 9 salariés.

Entreprendre, c’est prendre un risque

Au cours de leur carrière, certains salariés cherchent à s’émanciper et à trouver une nouvelle dynamique professionnelle ; l’entrepreneuriat leur apparaît alors comme la voie royale. S’ils se lancent pour diverses raisons, leur motivation principale reste le désir de développer seuls une activité et d’en maîtriser toute la logistique (clients, fournisseurs et organisation). Ils sont 41 % à déclarer qu’il s’agit du premier bénéfice de leur aventure.

La liberté d’organiser leur temps à leur guise constitue également un facteur clé. C’est un point jugé essentiel pour s’épanouir professionnellement sans mettre leur vie personnelle entre parenthèses. Nombre d’entre eux sont jeunes lorsqu’ils sautent le pas : bien que manquant parfois d’expérience professionnelle, ils n’hésitent pas à prendre des risques pour monter leur structure.

Cependant, malgré des avantages considérables par rapport au statut de salarié, ils sont 92 % à déclarer qu’entreprendre représente une prise de risque importante. Dans l’ensemble, ils ont conscience des enjeux et de ce que cela peut impliquer pour leur avenir. Au quotidien, la quasi-totalité des dirigeants interrogés (98 %) avouent qu’un tel risque exige un recul considérable, car se lancer dans l’entrepreneuriat nécessite une vision globale de l’entreprise.

Quels sont les risques à envisager avant de se lancer ?

La plupart du temps, le seul risque anticipé lors de la création d’une entreprise est financier. Il est pourtant loin d’être le seul : être entrepreneur, c’est s’exposer à une multitude de difficultés. Ils sont 66 % à avoir uniquement anticipé de possibles problèmes financiers avant de démarrer. Beaucoup prévoient ce qui touche à l’argent ainsi qu’à la couverture sociale et santé, mais très peu pensent aux risques psychiques et sociaux.

Les principales craintes exprimées sont :

  • Ne pas avoir de rémunération régulière chaque mois : 71 %
  • Gérer seul(e) sa couverture sociale : 68 %
  • Gérer seul(e) ses cotisations retraite : 67 %
  • Le coût des charges par rapport au chiffre d’affaires : 66 %
  • Avoir une rémunération inférieure à celle d’un salarié : 64 %
  • Subir de mauvaises surprises liées à la gestion de la trésorerie ou des finances personnelles : 58 %

Comme le montre ce baromètre, les entrepreneurs n’anticipent pas suffisamment en amont les problèmes d’isolement ou le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Pourtant, ces sujets ne sont pas anodins. Moins de 50 % d’entre eux pensent à ce type de risques dans leur quotidien, considérant que l’enjeu permanent reste essentiellement financier.

Maîtriser les risques en se préparant

Envisager les risques est une chose, mais il faut pouvoir les éviter en les anticipant. Pour les dirigeants interrogés, des prérequis efficaces sont nécessaires pour maintenir le cap, même dans les moments difficiles. Cela repose essentiellement sur une forte motivation et une excellente connaissance du métier, complétées par une réflexion approfondie et une étude de marché.

Une gestion transparente et rigoureuse des finances fait pleinement partie de cette anticipation. Même si ces prérequis peuvent sembler évidents, ils sont indispensables pour assurer la pérennité de l’entreprise.

Pour bien se protéger, toute une organisation est nécessaire. Les dirigeants sondés conseillent avant tout de s’entourer des bonnes personnes. Qu’il soit professionnel ou personnel, un entourage impliqué dès la création permet d’être épaulé au moindre coup dur. Sur le plan individuel, l’entrepreneur doit, comme tout citoyen, prévoir une protection sociale adaptée.

Pour parer aux difficultés, les dirigeants évoquent divers outils d’épargne et d’assurance (assurance-vie, livrets d’épargne, prévoyance/arrêt de travail, assurance décès). Ces dispositifs de prévention devraient constituer une priorité pour faire face aux faibles retraites, aux baisses de revenus ou aux aléas de la vie. Tous les risques gagnent à être pris en compte, y compris les soucis du quotidien, afin de ne pas mettre en péril l’entreprise et son dirigeant. Aujourd’hui, ils sont 70 % à estimer être bien protégés globalement grâce à leur plan d’épargne, leurs assurances et leur patrimoine.

Comment se protéger ?

De manière générale, les entrepreneurs restent relativement confiants face aux risques potentiels. Ils estiment être en mesure de réagir de manière appropriée et sont 82 % à déclarer que ne pas se préparer ni réfléchir à ces enjeux relève d’une grande inconscience.

Être entrepreneur implique certes de traverser des moments de stress — comme des baisses d’activité —, mais cela reste pour la majorité une formidable aventure, capable de porter ses fruits sur le long terme au point de faire oublier les risques du début.

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