Quand un entrepreneur, Mohed Altrad, prend le monopole à des grands groupes

Grâce au rachat du groupe néerlandais Hertel, Mohed Altrad s’est hissé à la première place mondiale du secteur des bétonnières et est devenu le leader européen des échafaudages. Découvrez le parcours, pour le moins atypique, de cet homme qui a obtenu le prix « EY word entrepreneur of the year » décerné par le cabinet EY en 2015.

Une grande première en Hexagone ! 

Aucun entrepreneur français n’a décroché jusqu’ici ce prestigieux titre d’« entrepreneur mondial de l’année ». Il a été attribué le 6 juin 2015 à Mohed Altrad, chefs d’entreprise à la tête d’une société multinationale œuvrant dans le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics. 64 autres entrepreneurs étaient en lice pour l’octroi de ce prix très convoité. Mohed Altrad l’a obtenu grâce à son incroyable parcours et à ses qualités de dirigeant

Un cursus qui laisse rêveur

Rien ne prédestinait Mohed Altrad, né dans le désert syrien il y a une soixantaine d’années et qui n’a fréquenté l’école qu’à l’âge de 10 ans, à ce fabuleux parcours. Comment est-il parvenu à prendre le monopole du secteur de l’échafaudage ?
Poussé par sa soif de réussir, malgré toutes les difficultés qu’il a rencontrées pour s’instruire, il décroche son baccalauréat à 17 ans. Ayant été le major dans son département, il bénéficie d’une bourse. Il poursuit ses études à Montpellier en France où il ressort avec le diplôme d’ingénieur qu’il complète par une formation dans une institution parisienne jusqu’à l’obtention d’un doctorat en informatique.

Du stade de simple salarié à un entrepreneur hors pair

Son expérience professionnelle commence en 1975. Après avoir travaillé successivement chez Alcatel et Thomson, il se lance dans l’entreprenariat en 1984 en créant sa propre société qui produit des ordinateurs portables. Un an plus tard, il revend cette firme à Matra pour investir dans une fabrique d’échafaudages déclarée en faillite. Cette unité de production, localisée à 50km de Montpellier, représente le premier jalon du groupe Altrad.

Grâce à ses qualités de dirigeant, Mohed Altrad remet rapidement la firme sur les rails. 25 années plus tard, la corporation devient un acteur important dans le secteur de la production et de la distribution de matériel pour le bâtiment. Aujourd’hui, l’entreprise peut être fière d’être devenu le leader incontesté des bétonnières à travers le monde et celui des échafaudages sur le continent européen.

Comment le groupe s’est propulsé à la tête de son secteur ?

L’entité occupe cette position grâce au rachat de plusieurs groupes. Citons entre autres Bragagnolo en Italie, Spectra Trad Group au Royaume-Uni, Atika en Allemagne, Jalmat en France, Profix en Belgique et Servindustrie en Espagne.

Le rachat de MEFRAN, PME en faillite est le point de départ du groupe Altrad. En 2015, le groupe franchit une étape stratégique majeure en signant l’acquisition du groupe néerlandais Hertel et ses 70 filiales à travers le monde. La même année, Mohed Altrad est désigné « Entrepreneur mondial » par Ernst & Young Entrepreneur of the Year Award. Il est le premier français à recevoir ce titre. Aujourd’hui, le groupe est présent dans plus de 100 pays, compte 42000 collaborateurs dans le monde et réalise plus 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce qui n’empêche pas Mohed Altrad de se consacrer à l’écriture, à sa famille et à ses cinq enfants. Une vie qui contraste avec celle qu’il a eu dans sa jeunesse et qu’il a réussi à assurer, notamment en installant le siège du groupe dans une annexe de sa maison de campagne, qu’il a baptisée « la bergerie », et en évitant les pratiques des grandes structures qui consistent à s’enfermer dans des grandes tours parisiennes.

Mais pas que ?

En 2011, Mohed Altrad sauve le club de rugby de Montpellier en investissant 2,4 millions d’euros. Sous sa présidence, le Montpellier Hérault Rugby remporte le Challenge européen 2015-2016, premier titre majeur du club héraultais.

Le rugby, sa deuxième famille

En 2017, le groupe Altrad devient la première entreprise privée de l’histoire à s’afficher sur le maillot de l’équipe de France de rugby à XV en soutenant la candidature française à l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Contre toute attente et alors que la France n’est pas favorite, elle est désignée comme pays hôte de cette Coupe du monde.

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