Interview de Hapsatou Sy, Créatrice du concept d’espaces de beauté Ethnicia

Parlez-nous de votre entreprise, Ethnicia.

Ethnicia est un concept d’espaces dédiés à une beauté globale et sur mesure. Parce que chaque individu est différent de son voisin, l’offre de beauté doit s’adapter à chaque personne. Aujourd’hui, nous avons 4 salons, dont un qui se transforme en centre de formation et 70 salariés. L’aventure prend forme petit à petit.

Pourquoi à 24 ans vous êtes-vous lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

J’ai toujours eu envie de liberté et j’ai toujours voulu sauver le monde par un moyen ou un autre. Et ce n’est peut-être pas avec l’entrepreneuriat qu’on peut sauver le monde, mais cela permet tout de même d’apporter de l’espoir à ceux qui rêvent d’entreprendre, de leur montrer que c’est possible. En tant qu’entrepreneuse, je souhaite laisser une empreinte positive dans notre société où les informations négatives sont relayées majoritairement.

Quel a été votre parcours jusqu’à Ethnicia ?

J’ai commencé à travailler très jeune parce que j’aimais l’indépendance que m’offrait le travail. J’ai toujours ressenti cette fierté de travailler que m’a transmise mon père. J’ai commencé en tant que responsable de marchés internationaux avant de décider de prendre le bateau seule en montant ma boite.

N’était-ce pas dur d’entreprendre à 24 ans ?

J’ai eu de nombreuses difficultés mais cela fait partie du jeu ! Si entreprendre était facile, je n’aurais pas cette adrénaline que je ressens en permanence et qui me plaît. L’entrepreneuriat est certes difficile, mais c’est une expérience formidable. Cela fait cinq ans que je suis dedans et j’ai vécu des choses que je n’aurais jamais pu vivre en étant restée salariée. J’ai la tête dans les nuages, les pieds sur terre et je n’ai pas envie de redescendre ! Je suis passionnée par ce que je fais !

Avez-vous réussi à convaincre des investisseurs de vous suivre ?

Au départ non et ce n’est plus ma motivation première, je cherche plutôt à convaincre mes clients, mes équipes. Aujourd’hui des investisseurs viennent me voir, mais je ne cherche pas à mettre davantage mon énergie là dedans, j’essaie de développer mon entreprise par d’autres moyens.

Comment avez-vous financé votre premier salon à l’île Saint-Louis ?

J’avais 30 000 euros pour démarrer qui représentaient le fruit de mes économies. Je me suis lancée en pensant que ce serait comme dans les pubs, que les banques m’aideraient dès que j’entrerais avec mon dossier. Or, c’est loin d’être la réalité ! Avec ces 30 000 euros, j’ai trouvé un magnifique local sur l’île Saint-Louis. Je ne me rendais absolument pas compte du prestige de l’Île Saint Louis, je l’ai choisi car je trouvais que le local était sympa ! Mais j’ai dû laisser 19 000 euros de dépôt de garantie. J’ai acheté mon mobilier, et le jour de l’ouverture, je n’avais pas un euro pour rendre la mon­naie. J’étais en état de cessation de paiement dès le départ. Au départ on pense que ce sera comme à la télé, que les clients vont se bousculer. Mais les clients il faut aller les chercher. Alors avec des copines j’ai distribué des flyers qui disaient « Ethnicia arrive en France », alors que ça n’arrivait que de ma tête ! Tout le monde pensait qu’Ethnicia arrivait des états-Unis !

Vous parlez souvent de la valeur positive de l’échec ?

Je suis agacée de voir les gens avoir peur de vivre des échecs, car si l’on ne se trompe pas, on n’apprend pas et on n’avance pas si on ne fait qu’avoir des réussites. Dans mon dictionnaire à moi, le mot échec a un sens positif.

Comment avez-vous trouvé les ressources intérieures pour faire face aux difficultés ?

Je m’entraîne à avoir le mental d’un sportif, c’est-à-dire de toujours chercher à dépasser mes limites. Pour moi, l’entrepreneuriat c’est du sport de haut niveau ! D’ailleurs les sportifs se préparent à la compétition, ils savent qu’ils ne vont pas toujours gagner. Je n’ai jamais vu un champion de tennis gagner tous ses matchs ! Je pars aussi du principe que ma vie est courte et que je veux qu’elle soit riche. Le jour où j’arriverai à 70 ans, je veux chanter du Piaf en disant « Non je ne regrette rien ! » Je ne veux rien regretter, donc je veux tout tenter.

Quel est votre prochain défi ?

« Les 100 femmes Ethnicia », qui est le projet de ma vie. J’ai décidé de choisir 100 femmes en France qui ont l’envie d’entreprendre et qui vont participer à l’aventure d’Ethnicia. Nous allons leur apporter une formation d’entrepreneuriat. Nous faisons appel à l’entrepreneuriat solidaire pour rassembler toutes les compétences qui vont permettre à ces femmes de réaliser leur projet. A la clé, plus de 1 000 emplois vont être créés. En une semaine nous avons déjà levé un million d’euros d’aide pour ce projet.

Comment expliquez-vous votre réussite ?

Je ne parle pas de réussite car je ne suis qu’au début de l’aventure. J’ai juste un parcours normal d’entrepreneur, mais qui a été très médiatisé. Je pense que je ressemble à madame tout le monde et chacun peut donc s’identifier à mon histoire. Je pense que la presse s’intéresse à moi aussi car je dis les choses comme elles sont, je n’ai pas envie de dire que l’entrepreneuriat est tout rose !

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