Comment gérer la baisse d’activité de votre entreprise ?

Depuis les crises successives de 2020, l’organisation des entreprises est en constante mutation. Si la pandémie semble loin, les entreprises font face aujourd’hui à de nouveaux défis : l’inflation persistante, la hausse des coûts de l’énergie et le remboursement des Prêts Garantis par l’État (PGE). En 2023, la France a enregistré une hausse significative des défaillances d’entreprises (+35 % sur un an selon l’Insee), touchant particulièrement les PME et TPE.

Toute entreprise peut traverser des zones de turbulences. Le moment le plus critique reste la baisse durable d’activité. Dans ces conditions, la structure n’est plus en capacité de maintenir les contrats de travail en l’état. Il devient alors impératif d’ajuster la voilure, que ce soit par une fermeture temporaire, une réduction du temps de travail ou une réorganisation des ressources humaines.

Les raisons majeures d’une baisse d’activité aujourd’hui incluent la contraction de la consommation des ménages, les difficultés d’approvisionnement en matières premières ou l’impact du changement climatique sur certains secteurs. Voici les leviers actuels pour gérer au mieux cette période.

Mettre en place l’activité partielle ou l’annualisation du temps de travail

Le dispositif de chômage partiel (ou activité partielle) reste l’outil principal de sauvegarde de l’emploi. Réformé après la crise sanitaire, il permet de réduire ou suspendre l’activité tout en garantissant une partie du salaire. En 2024, le taux de prise en charge par l’État a été ajusté pour stabiliser les dépenses publiques, mais il demeure un rempart essentiel en cas de restructuration ou de baisse de commandes.

Pour y avoir recours, l’entreprise doit démontrer que la baisse est liée à la conjoncture, à des problèmes d’approvisionnement ou à des circonstances exceptionnelles. L’employeur verse une indemnité au salarié (environ 70 % du salaire brut) et reçoit en retour une allocation de l’État.

Parallèlement, l’annualisation du temps de travail gagne en popularité, notamment pour contrer l’incertitude économique. Elle permet de compenser les périodes de faible activité par des périodes de haute intensité sur une année civile. Ce mécanisme évite le recours coûteux à l’intérim lors des pics et protège les salariés de l’activité partielle lors des creux. Sa mise en place nécessite un accord collectif ou une convention de branche, impliquant un dialogue social structuré au sein de la firme.

Prêter les salariés à une autre entreprise (Le prêt de main-d’œuvre)

Face aux difficultés de recrutement qui touchent certains secteurs (hôtellerie, bâtiment, tech), le prêt de main-d’œuvre devient une alternative stratégique. Selon la DARES, cette pratique proactive s’avère essentielle pour éviter les licenciements économiques en période de crise. Elle permet parallèlement de répondre aux besoins de compétences immédiats d’autres sociétés en quête de main-d’œuvre.

Le cadre est strictement non-lucratif : l’entreprise prêteuse ne facture que le salaire réel, les charges sociales et les frais professionnels. Ce dispositif, limité à une durée déterminée (souvent entre 12 et 18 mois), repose sur le volontariat total du salarié. Un avenant au contrat de travail doit être signé. Le salarié saisit ainsi l’opportunité de renforcer son employabilité dans de nouveaux environnements. Il enrichit son parcours professionnel sans pour autant rompre son contrat d’origine. C’est un outil de « flexisécurité » interne très efficace en période de ralentissement.

Solliciter les nouvelles aides financières et la finance alternative

En 2024, le paysage du financement a évolué. Outre le crédit de campagne classique pour les activités saisonnières, de nouveaux leviers existent :

  1. Le Crowdlending : Le financement participatif par le prêt continue de croître. En 2023, le crowdlending en France a permis de financer des milliers de projets de TPE/PME. Des plateformes comme October (ex-Lendix), Bienprêter ou Les Entreprêteurs offrent une alternative aux banques traditionnelles, souvent plus rapide, bien que plus coûteuse en termes de taux d’intérêt.
  2. L’Affacturage (Factoring) : Face aux délais de paiement qui s’allongent (une préoccupation majeure en 2024), l’affacturage permet d’obtenir immédiatement de la trésorerie en vendant ses factures clients à un organisme financier.
  3. Les aides de Bpifrance : Pour les entreprises en difficulté mais viables, Bpifrance propose des prêts de soutien à la trésorerie sans garantie, souvent couplés à des diagnostics « Flash » pour identifier les leviers de rebond.

Gérer une baisse d’activité demande de l’anticipation.

Entre

Outils juridiques : Recours à l’activité partielle pour ajuster le temps de travail et protéger les contrats.

Leviers humains : Utilisation du prêt de main-d’œuvre pour préserver les compétences et éviter les licenciements.

Solutions financières : Mobilisation du financement participatif et des nouveaux modes de crédit pour stabiliser la trésorerie.

Objectif stratégique : Transformer une période de crise complexe en une phase de transition résiliente pour l’entreprise.

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