Ces entreprises qui se réinventent pour garder leur leadership

Jadis dynamiques, certains corps de métier de l’industrie française ont fini par tomber en désuétude au fil des ans. Avec l’apparition du numérique, certains secteurs ont cependant connu un second souffle grâce aux initiatives innovantes d’entrepreneurs audacieux, capables de remettre au goût du jour les métiers d’antan. Quelles sont ces entreprises qui sont parvenues à réinventer d’anciennes activités industrielles ?

Selon bpifrance, la pérennité  d’une marque est souvent considérée comme gage de qualité par les consommateurs. Selon le label des entreprises familiales centenaires (EFC), de plus en plus d’entreprises utilisent d’ailleurs les préfixes « depuis », ou « créé en », suivis d’une date, car « la moitié au moins des clients se disent intéressés par l’histoire de la marque ». En  2017, quelque 400 marques contenant un terme relatif à l’ancienneté ont été déposées à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Sans compter les 7 300 marques « anciennes » qui existent déjà en France. Elles cumulent 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient environ 120 000 personnes.

Ma Petite Mercerie

Il s’agit d’une success story marquante de ces dernières années dans le secteur du e-commerce. Fondée en 2010 par Christel Anglade avec un capital de départ restreint, Ma Petite Mercerie a su se positionner en à peine quatre ans comme le leader de la vente en ligne de tissus aux particuliers. La société brille par son aspect artisanal et la qualité des produits proposés. Alors que moins de 1000 merceries subsistent encore en France, ce commerce en ligne a connu un succès croissant, fort de 10000 visiteurs par jour et d’un chiffre d’affaires en progrès constant (2 millions d’euros pour 20 employés).

Les éventails Duvelleroy

Fondée en 1827, la société Duvelleroy spécialisée dans la fabrication d’éventails a fini par quasiment disparaître après la Seconde Guerre mondiale. Passée de mode, elle n’a dû sa survie qu’à l’obstination de la famille Maignan, qui axa sa production sur la maroquinerie. En 2010, l’entreprise a connu un renouveau inespéré avec l’arrivée des créatrices de mode Eloïse Gilles et Raphaëlle de Panafieu. La marque a commencé à commercialiser à nouveau des éventails dans la tradition du savoir-faire d’antan. Ces accessoires ont connu un succès immédiat et sont disponibles dans de nombreux magasins à travers le monde.

Les ceinturons Papa

Le travail du cuir et la fabrication de ceintures ont constitué des activités importantes dans l’industrie française. Les modes de fabrication traditionnels ont cependant peu à peu disparu, remplacé par les produits des grandes marques. Avec les ceinturons Papa, Olivier Taco a réussi à remettre sur le devant de la scène cette activité oubliée, en proposant des ceintures sans boucle, simples et résistantes, via les plateformes de crowdfunding. Le succès rencontré lui a permis d’ouvrir son propre site, commercialisant des ceinturons entièrement fabriqués à Mazamet dans le Tarn.

L’atelier d’ébénisterie Ludovic Arnel

Le travail du bois représente également un pan notable de l’ancienne industrie hexagonale. Certains artisans parviennent encore à réinventer cette discipline, comme Ludovic Arnel qui a ouvert en 2008 sa propre agence dans le faubourg Saint-Antoine à Paris, au sein du quartier historique de l’ébénisterie française. Il mêle le savoir-faire traditionnel et les nouvelles technologies pour produire des pièces uniques à destination de collectionneurs du monde entier.

La parfumerie traditionnelle Historiae

Cette entreprise a été créée en 2012 par Pascale Oger, avec la volonté de dépoussiérer le domaine de la parfumerie traditionnelle. Pour cela, la société propose à sa clientèle des articles haut de gamme mettant à l’honneur les produits authentiques et les techniques traditionnelles, en commercialisant eaux de toilettes, bougies et savons parfumés. Les grands hôtels et les sites prestigieux font appel à la marque afin de célébrer ce savoir-faire français. En 2013, l’entreprise a été récompensée d’un prix par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris pour ses ventes à l’international.

Le porcelainier Revol 

La PME, basée à Saint-Uze, dans la Drôme, a fêté ses 250 ans en 2018. Malgré son riche passé, Revol ne cesse de se réinventer, depuis qu’il a inventé le  gobelet froissé qui a attiré tant de concurrents. Aujourd’hui,  Revol récupère ses déchets industriels, qui sont ensuite retransformés en céramique. Ce nouveau produit, baptisé « 100% Recyclay » (« clay » signifiant argile en anglais), utilise un procédé « unique au monde ». Cette innovation écologique pourrait même donner lieu à d’autres articles de vaisselle dans le futur.

Babolat, le Français numéro un mondial au tennis

L’entreprise lyonnaise Babolat, créée en 1875, domine le marché mondial des raquettes de tennis. Elle détient près de 30 % de parts de marché avec une présence active dans plus de 160 pays. Elle équipe 200 joueurs du circuit professionnel, dont l’Espagnol Rafael Nadal et bénéficie donc de retombées publicitaires  qui lui donnent des consommateurs confiants. De plus, elle a établi  des  partenariats avec les tournois du grand chelem, Roland-Garros et Wimbledon… La PME était spécialisée dans les cordages, à base de boyaux naturels, pour les instruments de musique et la charcuterie… Quand le  tennis apparaît en Europe, elle ouvre un nouveau secteur avec les cordages pour les raquettes.  Puis, Babolat s’est lancée dans la fabrication complète de raquettes de tennis et non plus seulement leurs cordages. Au début des années 2000, l’entreprise se diversifie dans le badminton, très populaire en Chine ou encore le padel. Babolat se concentre désormais sur les nouvelles technologies, avec des raquettes connectées, munies de capteurs permettant de collecter des données sur les frappes de balles.

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