Entrepreneures, le défi et la réussite

En 2019, selon le panorama réalisé par Ha!, les femmes ont représenté 40 % des créateurs d’entreprises en France. 73 % des femmes entrepreneures choisissent l’Entreprise individuelle (+12 pt par rapport au global), qu’elle soit artisanale, commerçante ou libérale vs 27 % pour la Société avec un capital, qu’elle soit SARL, SA, SAS… Si la parité n’est pas encore atteinte, le dynamisme des femmes est porteur d’espoir.

Lorsque l’on parcourt ce magazine Dynamique entrepreneuriale et si on consulte notre site web, on peut constater avec enthousiasme que la presque totalité des entrepreneures présentées sont des femmes qui ont entrepris dans la dernière décennie à l’exception de pionnières comme Sandra Legrand qui ne cesse d’ailleurs de se lancer de nouveaux défis. Elle se sont lancées au moment de la crise de 2008 et de la vague du développement du nouveau statut pour créer une entreprise. Même si on peut déplorer que le nombre d’entreprises créées par les femmes ne soit pas encore assez élevé, force est de constater que les entreprises créées par les hommes avaient pignon sur rue depuis plusieurs siècles ! Et qu’en à peine une décennie, elles se sont imposées dans tous les secteurs même si quelques-uns restent encore à défricher. Elles ne sont plus cantonnées aux secteurs dits féminins. Selon le baromètre de La Veuve Cliquot, publié fin 2019, elles sont 51 % à rencontrer le préjugé qu’une femme entrepreneure est toujours et encore moins crédible qu’un homme !
Une conclusion s’impose : « L’entrepreneuriat féminin n’est pas pris au sérieux par la plupart et le relationnel partenaire et client est parfois plus compliqué car il faut démontrer son professionnalisme constamment et prouver qu’on sait où on va et qu’on n’a pas besoin d’aide (le syndrome du chevalier à la rescousse est très fréquent). »

Les entreprises dirigées par les femmes en moyenne plus rentables que celles dirigées par des hommes


Les entreprises dirigées par des femmes affichent en moyenne une rentabilité opérationnelle de 8 % contre 5,7 % chez les hommes. Cet écart de performance s’expliquerait avant tout par la détermination dont les femmes entrepreneures font preuve au quotidien pour pouvoir accéder aux mêmes résultats que les hommes. Elles les réalisent à travers un parcours semé de davantage d’embûches que les hommes. Elles doivent donc s’imposer et se dépasser pour pouvoir réussir.

Les entrepreneures dans les régions


Selon le panorama publié par ha!, la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine, la Bourgogne-Franche-Comté, les Pays de la Loire, la Normandie et les Hauts-de-France sont les régions les plus féminisées en matière de créations d’activités. Force est de constater que la région Île-de-France concentre le plus grand nombre d’entreprises créées par des femmes et les villes de plus de 100 000 habitants les plus dynamiques en termes d’entrepreneuriat féminin, se trouvent dans les régions les plus féminisées dans la création d’activité.

Quelles sont les raisons de devenir entrepreneure ?


Dans l’infographie de la page 27 près de la moitié (46 %) des entrepreneures sont animées par l’envie d’autonomie dans leur travail. Être autonome, donner du sens à sa vie, équilibrer vie privée et professionnelle, optimiser ses compétences et gagner plus d’argent font partie du Top 7 de leurs motivations. La première difficulté qu’une entrepreneure devra surmonter lors de la création est celle liée aux finances.



L’Observatoire BNP Paribas de l’Entrepreneuriat au Féminin conforte les deux principales motivations des entrepreneures « se sentir plus autonome » (37 % en baisse par rapport à 2018 46 %) et « donner du sens à sa vie » (en hausse en 2019 35 % vs 22 % en 2018). Pour elles, en 2019 comme en 2018, la création d’entreprise a « amélioré leur équilibre vie perso/vie pro » (51 % en 2019 et 47 % en 2018). Cependant, on retrouve la crainte d’une baisse de pouvoir d’achat (36 % et 37 % en 2018) et la peur de l’échec financier (25 % et 30 % en 2018) se révèlent être les deux principaux freins.

Donner du sens à leur vie est une valeur première


Pour 8 entrepreneures françaises sur 10, entreprendre est un choix, l’exercice d’une liberté. Selon plusieurs études, les entrepreneures françaises sont 41 % à déclarer entreprendre pour ne plus avoir de chef et 39 % à estimer que l’entrepreneuriat permet de prendre en mains leur destin professionnel. Mais il faut bien comprendre que souvent leur désir d’entreprendre est lié à leur besoin de se créer un emploi qui leur offre l’opportunité de subvenir aux besoins de la famille, de s’adapter aux contraintes de leur vie personnelle ou familiale. Avec l’auto-entreprise ce statut qui rompait avec les statuts traditionnels leur a ouvert de nouveaux horizons, impensables il y a encore peu de temps. 

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