Ces dirigeants investis en politique

Dans le paysage politique actuel, nous avons l’habitude de voir des énarques de formation, ou des professionnels du droit tels des avocats ou d’anciens magistrats. Même si entrepreneurs et politiques ne sont pas souvent sur les mêmes longueurs d’ondes, et particulièrement en cette période de crise où les charges pèsent et les embauches ne sont pas au rendez-vous, certains dirigeants ont tout de même fait le choix d’intégrer cette sphère du pouvoir. Qui sont ces entrepreneurs investis en politique ? A quels niveaux interviennent-ils ?

Mais ces hommes et ces femmes tentés, après une carrière dans le civil, par un portefeuille ministériel, ont souvent rencontré mille difficultés car il existe un réel fossé entre les deux mondes. Certains ont disparu en quelques jours et d’autres, nombreux, n’ont pas eu de résultats qui ont fait l’unanimité.

Profil des entrepreneurs politiques

Si le désir de se lancer en politique provient d’une vocation personnelle ou d’une ambition professionnelle, elle peut être plus que cela pour les entrepreneurs, qu’il s’agisse de dirigeants de petites, moyennes ou grandes entreprises.

Même s’ils ne maîtrisent pas l’ensemble des mécanismes économiques et notamment les plus complexes, les entrepreneurs politiques sont des acteurs de terrain. Nourris d’une volonté d’engagement, ils ont pleinement conscience de la situation du pays, qu’il s’agisse de leurs problématiques internes comme les difficultés de croissance qu’ils rencontrent de par la concurrence accrue ou la lourdeur des charges par exemple, ou de celles des consommateurs comme la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés d’emploi. Forts de ce constat, ils ont avant tout des idées et l’envie prononcée de faire bouger les choses en investissant de leur temps, en oubliant leur personne pour agir en faveur de l’intérêt général.

Niveau d’intervention des entrepreneurs politiques

Généralement, les entrepreneurs démarrent en politique au travers de mandats en lien avec leur activité professionnelle. Dans ce cadre, ils s’investissent dans un ou plusieurs syndicats patronaux pour revendiquer et défendre les demandes de leur profession. Par exemple, ils peuvent participer à des réunions, à titre consultatif ou représentatif de leur secteur, dans les différentes institutions du pays.

Les entrepreneurs politiques sont présents à tous les niveaux de décisions, que ce soit dans les conseils municipaux au niveau local, dans les Conseils Régionaux ou les Chambres de Métiers et de l’Artisanat au niveau régional, ou les conseils des différents Ministères au niveau national.

Pour aller plus loin, certains décident de pousser un peu plus leur engagement et de se présenter pour un mandat de Maire par exemple, que ce soit dans des petites communes ou dans de plus grandes. Certains accèdent même à des fonctions de Député.

L’alternative politique ?

Au regard du désamour palpable des Français pour les principaux partis et la politique menée depuis plusieurs années, de quelque bord qu’elle soit, les entrepreneurs sont peut-être l’alternative de demain. De par leur proximité, les dirigeants s’avèrent plus proches des problématiques du quotidien des citoyens et font des propositions qui peuvent apparaître plus concrètes et proches de la réalité que les énarques qui se basent plus souvent sur des théories.

Pour autant, même si les entrepreneurs peuvent apporter de bonnes choses, ils peuvent rencontrer les mêmes limites que tous les hommes de pouvoir. En effet, leur engagement n’est pas sans failles. D’une part, occuper plusieurs activités peut s’avérer un problème dans la répartition entre temps alloué à l’entreprise et temps alloué à la politique. Ce débat des cumuls des mandats revient d’ailleurs régulièrement sur le devant de la scène. Et si aujourd’hui beaucoup de dirigeants hésitent à s’investir ou à poursuivre plus loin leur combat, c’est qu’ils ne souhaitent pas mettre en péril leur activité professionnelle qui souffre bien souvent de leurs absences lorsqu’ils accordent du temps à leur mandat. D’autre part, le risque de conflit d’intérêts entre les deux activités est réel et les entrepreneurs politiques peuvent vite se retrouver pris dans ce piège.

Deux personnalités qui ont agi de manière remarquable en plotique

Deux personnalités issues de la société civile ont fait une longue carrière dans la politique à partir de leur entrée dans un gouvernement et sont connues par l’ensemble des Français et même à l’international qui sont même capables de citer leurs actions.

Bernard Kouchner, médecin gastro-entérologue de formation a fait dans un premier temps carrière dans l’humanitaire et n’hésita pas à participer à des gouvernements aux orientations politiques les plus diverses : ministre de la Santé de François Mitterrand en 1992 et 1993, secrétaire d’Etat chargé de la Santé de Jacques Chirac de 1997 à 1999, ministre délégué à la Santé de Jacques Chirac entre 2001 et 2002 et ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010.

Simone Veil, juriste de formation est devenue une femme politique très populaire. Nommée ministre de la Santé en 1974 par Valéry Giscard d’Estaing, elle fut chargée de présenter le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse qui a dépénalisé l’avortement. Après des débats d’une violence inouïe qui restent encore dans toutes les mémoires, la loi est entrée en vigueur le 17 janvier 1975 et Simone Veil est devenue un symbole de courage et de capacité à dépasser tous les préjugés. Elle est même devenue la première présidente du Parlement européen en 1979 et, en 1993, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Edouard Balladur.

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