Comment piloter la trésorerie de sa PME pour garantir la fluidité de ses opérations ?

La trésorerie est un aspect fondamental de la gestion de votre entreprise. En tant que PME, il est important d’adopter des comportements pour mieux gérer vos ressources et anticiper les imprévus.

Pour une PME, une trésorerie maîtrisée est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’activité. Même une entreprise rentable peut rencontrer des difficultés si les encaissements arrivent trop tard par rapport aux dépenses à régler. Car il existe des sorties d’argent qui ne peuvent pas attendre. Le pilotage de la trésorerie permet d’anticiper les flux financiers, de réduire les délais d’encaissement et de conserver une visibilité suffisante sur les disponibilités. Comment le faire correctement ?

Réduire au maximum le délai entre l’encaissement et la disponibilité des fonds

Le montant des ventes ne suffit pas à déterminer la santé financière d’une PME. Le moment auquel l’argent devient réellement disponible est aussi important. Une entreprise peut avoir réalisé un chiffre d’affaires important tout en disposant de peu de liquidités si les fonds issus de ses ventes mettent plusieurs jours à arriver sur le compte. Or, les fournisseurs ou les salariés ne sont généralement pas payés en fonction du moment où une vente a été réalisée, mais selon des échéances précises.

Il est donc pertinent de chercher à réduire autant que possible le délai entre l’encaissement et la disponibilité effective des fonds. Cette question mérite notamment d’être examinée lors du choix d’un prestataire de paiement ou d’un terminal de paiement. Car il ne s’agit plus seulement d’encaisser, mais de rendre les fonds rapidement disponibles. Plusieurs entrepreneurs privilégient à cet effet des solutions intégrant directement un compte pro en ligne afin de raccourcir les circuits entre les paiements reçus et les fonds effectivement disponibles.

Un compte professionnel ne permet pas seulement de recevoir les recettes. Il peut également accélérer la disponibilité des fonds, centraliser les dépenses, les virements et le suivi des transactions, selon les fonctionnalités proposées. Certaines solutions permettent même de réaliser des virements instantanés ou de consulter les mouvements depuis une application, ce qui facilite le suivi quotidien.

Construire un prévisionnel de trésorerie et suivre ses flux régulièrement

En tant que dirigeant, vous devez chercher à savoir précisément la somme dont vous disposez aujourd’hui et combien vous devriez avoir dans les prochaines semaines. Un prévisionnel de trésorerie permet de mettre en perspective les encaissements attendus et les dépenses programmées.

Vous pouvez établir ce document sur plusieurs semaines ou plusieurs mois et l’actualiser régulièrement. Il doit intégrer les recettes issues des ventes, les règlements de clients en attente, les échéances fournisseurs, les salaires, les cotisations, les impôts, les remboursements d’emprunts et les investissements prévus.

Vous pourrez ainsi identifier assez tôt les périodes durant lesquelles la trésorerie risque de se tendre. Cela vous donnera davantage de temps pour ajuster vos dépenses, négocier un échéancier ou rechercher une solution de financement adaptée. Le suivi doit également être fréquent. Pour les entreprises dont les flux sont nombreux, un suivi hebdomadaire, voire quotidien, permet d’avoir une vision beaucoup plus réaliste de la situation.

Accélérer les encaissements et mieux gérer les créances clients

Une trésorerie saine dépend également de la capacité de l’entreprise à être payée dans les délais prévus. Les retards de paiement peuvent créer un décalage important entre les revenus comptabilisés et les liquidités réellement disponibles.

La première mesure consiste à établir des conditions de règlement claires dès la commande ou la signature du contrat. Les factures doivent être émises rapidement, avec toutes les informations nécessaires et une date d’échéance facilement identifiable.

Pour les clients professionnels, le suivi des factures en attente permet ensuite de repérer les retards avant qu’ils ne deviennent problématiques. Vous pouvez donc effectuer une relance quelques jours avant l’échéance afin d’éviter un oubli. Prévoyez donc une procédure de relance structurée lorsqu’un paiement est en retard.

D’autre part, votre entreprise doit être en mesure de proposer à ses clients une variété d’options de paiement, car cela facilite le règlement. Le client doit avoir le choix entre les virements, les cartes bancaires, les prélèvements ou les paiements en ligne.

Centraliser les outils et conserver une réserve de sécurité

Le pilotage financier devient plus simple lorsque les informations sont accessibles depuis un environnement cohérent. La multiplication des comptes, des logiciels et tableaux indépendants peut compliquer le suivi et augmenter le risque d’erreur.

Un compte bancaire professionnel ou un compte professionnel proposé par un prestataire financier peut servir à centraliser une partie de vos opérations courantes. Selon la solution retenue, vous aurez une historique de vos transactions, des outils de suivi des dépenses, de virements et parfois de fonctionnalités de facturation ou d’export comptable.

Cette centralisation doit cependant rester compatible avec les besoins de l’entreprise. Si vous êtes une PME avec plusieurs salariés et des volumes importants, vous aurez par exemple besoin de fonctionnalités plus poussées qu’un indépendant ou une petite structure.

La sécurité constitue par ailleurs un critère essentiel. Avant de choisir un compte professionnel, vous devez vérifier le statut du prestataire, les mécanismes de protection des fonds, les modalités d’authentification et les conditions de récupération des accès en cas de problème.

Enfin, une bonne gestion de trésorerie ne consiste pas à maintenir le solde le plus élevé possible. Il faut trouver un équilibre entre les liquidités nécessaires au fonctionnement quotidien et une réserve permettant d’absorber les imprévus.