L’affacturage, une bonne idée ?

L’affacturage séduit et de plus en plus d’entreprises y font appel. Mais quel intérêt représente-t-il pour les entreprises ? Quelles en sont les bénéfices et quels en sont les inconvénients ?

L’opération d’affacturage consiste en un transfert de créances commerciales (factures) de leur titulaire à un factor – la société d’affacturage – qui se charge d’en opérer le recouvrement et qui en garantit la bonne fin, même en cas de défaillance momentanée ou permanente du débiteur. Le factor peut régler par anticipation tout ou partie du montant des créances transférées.

Grâce à la garantie de l’État, un dispositif d’affacturage accéléré permet aux entreprises d’obtenir un préfinancement de leurs factures clients dès la prise de commande. Un dispositif qui vient d’être prolongé jusqu’au 30 juin 2021. Pour  soutenir la trésorerie des entreprises, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif d’affacturage accéléré. L’affacturage n’était jusque-là possible que sur les factures émises une fois les marchandises livrées ou la prestation réalisée. Avec le dispositif, les entreprises n’ont plus à attendre la livraison et l’émission des factures correspondantes. Elles peuvent, à titre exceptionnel, solliciter un financement de la société d’affacturage dès qu’une prise de commande est confirmée par un client. Concrètement, il suffit de transmettre à cette dernière un devis accepté ou de justifier d’un marché attribué. Ce financement anticipé est possible grâce à la garantie que l’État apporte à l’opération.

Quelles sont les sociétés d’affacturage ?

Les sociétés d’affacturage (13 sociétés exclusivement dédiées à l’affacturage, auxquelles s’ajoutent 7 sociétés exerçant une activité mixte, soit, au total, 20 sociétés) sont quasiment toutes regroupées au sein de l’Association française des Sociétés Financières (ASF). L’ASF regroupe l’ensemble des établissements spécialisés : quelque 280 entreprises exerçant de multiples activités (crédit à la consommation, crédit-bail mobilier et immobilier, cautions aux entreprises ou aux particuliers, prestataires de services d’investissement…).

Quels sont les services proposés ?

Les sociétés d’affacturage proposent trois services :

Quels coûts ?

Le factor détermine une commission de financement en fonction notamment de la prise de risque. « Elle est calculée selon le taux Euribor (taux interbancaire défini entre banques de meilleure signature pour la rémunération de dépôts dans la zone Euro, NDLR) associé à des points de base ». Ce taux d’intérêt, qui peut aller jusqu’à 4% selon les volumes, est appliqué au montant financé, pendant la période d’avance des fonds.

Pour le recouvrement et l’assurance-crédit, le calcul de la commission comporte : le volume et la qualité des clients cédés mais aussi la situation financière de votre entreprise. « Ce coût d’affacturage se situe aux alentours des 1,5% pour les PME et peut atteindre les 0,1% pour les plus grandes entreprises ».

Comment choisir un factor ?

80% du marché est détenu par des factors qui appartiennent à des groupes bancaires.

Un factor spécialité dans votre secteur

Il est plus intéressant de choisir un factor spécialisé dans son métier. Plus au fait des pratiques du secteur, il sera à même de cerner précisément la réalité des risques, le fonctionnement du milieu et pourra vous faire bénéficier d’une offre mieux adaptée.

Un factor disponible

La disponibilité du prestataire est aussi déterminante dans le choix. Les relations que l’entreprise aura avec lui seront hebdomadaires voire quotidiennes. Il faut donc s’assurer qu’il sera disponible pour l’entreprise.

L’affacturage en plein développement

Selon l’ASF, au troisième trimestre 2018, le montant des créances prises en charge par les sociétés d’affacturage est, avec 75,7 Mds d’euros, en nette hausse de +11,2% par rapport au trimestre correspondant de 2017. Ce taux à deux chiffres confirme le rythme de croissance soutenu enregistré depuis le début de l’année 2018 (+9% au premier trimestre et +10,7% au printemps). A l’échelle des neuf premiers mois de l’année, on enregistre une accélération de l’activité : +10,3%, après +6,6% sur la même période de 2017. A fin septembre, la production cumulée des quatre derniers trimestres atteint 312,2 Mds d’euros, soit un volume annuel d’activité multiplié par 2,4 au cours des dix dernières années.

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