Changer les quotas en faveur des femmes, la solution ?

Changer les quotas en faveur des femmes représente-il une solution dans les entreprises ? Un des grands défis qui subsiste dans notre pays demeure l’inégalité homme-femme notamment dans le travail. La France se situe au 17ème rang du Global Gender gap index 2016 publié par le Forum économique mondial, mesurant chaque année le chemin parcouru pour réduire ces inégalités. Dans les entreprises, cette différence s’avère d’autant plus flagrante. Le gouvernement cherche à améliorer la situation à l’aide de quotas. Changer une nouvelle fois ces quotas représente-t-il une solution ? Voici quelques points positifs et négatifs.

L’indice de l’égalité de genre, un indicateur significatif

L’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes publie chaque année un « indice de l’égalité de genre », qui évalue les pays européens à l’aide de plusieurs critères : travail, salaire, niveau d’éducation, santé, violence, etc. La dernière édition de l’étude révèle que les progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes sont fort lents, mais que l’Union européenne prend la bonne direction. Le score moyen de l’UE à 28 est ainsi passé de 66,2 points sur 100 en 2015 à 67,4 points sur 100 en 2019. C’est la Suède qui a obtenu le meilleur score de tous les pays l’année dernière avec 83,6 points, tandis que la Grèce a obtenu le score le plus faible (51,2 points). La France fait partie des bons élèves européens en la matière et se classe troisième derrière la Suède et le Danemark, avec un score de 74,6 points.

L’index, un repère pour mieux avancer

Conçu comme un outil simple et pratique pour mettre fin aux inégalités professionnelles, l’Index permet aux entreprises de mesurer les écarts de rémunération entre les sexes. Tout en mettant en évidence les points de progression sur lesquels agir quand ces disparités sont injustifiées.

L’édition de l’index 2020 révèle que la note moyenne est de :

Diminution des inégalités

Dans les entreprises, les inégalités entre les hommes et les femmes persistent (malheureusement) encore à l’heure actuelle. La mise en place d’un nouveau système de quotas en faveur des femmes peut s’avérer un bon moyen pour réduire cette différence. Malgré que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales », la réalité reste différente. Plusieurs lois ont été votées allant dans le même sens de parité mais, malgré les mesures prises, la réussite ne demeure pas au rendez-vous. L’échéance fixée par la loi Copé-Zimmerman est arrivée le 1er janvier 2017 et l’objectif : de parvenir à 40% de femmes dans les conseils d’administration ou de surveillance des sociétés cotées et des grandes entreprises (au moins 500 salariés et un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros) n’a pas été atteint. Cette obligation va s’étendre aux entreprises d’au moins 250 salariés d’ici 2020.  Un nouveau changement de quotas devrait donc permettre d’améliorer encore ces résultats et de se rapprocher un peu plus de la parité.

Amélioration de l’accès des places hautes dans la hiérarchie

Vous connaissez l’expression « plafond de verre » ? Cette expression désigne le fait que les niveaux supérieurs d’une structure hiérarchique demeurent inaccessibles pour une catégorie de personne. Cette barrière qui empêche ces dernières d’atteindre des postes à responsabilités existe encore aujourd’hui. Malgré la volonté du Parlement et de la Commission Européenne d’augmenter de façon significative la proportion des femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse, les résultats ne s’avèrent toujours pas corrects. La solution d’imposer des quotas représente également une solution pour briser cette barrière et leur donner accès plus facilement aux places hautes dans la hiérarchie, avant que la situation ne se banalise.
L’imposition d’un quota peut aussi permettre d’ouvrir les yeux sur la situation. Comment ? Le fait de rendre obligatoire un pourcentage va clairement signifier qu’il y a un problème. A défaut, le quota n’existerait pas.

Des quotas qui créer une autre forme de discrimination

Malgré la bonne intention de la manœuvre, la technique ne demeure pas parfaite. Il s’avère que mettre en place une telle loi revient en discriminer une autre catégorie de personne. Même si celle-ci demeure positive, dans le principe, la situation reste identique. A noter que l’imposition de quotas provoque chez certaines personnes un sentiment d’humiliation, de stigmatisation et d’infériorisation. Elle laisse penser que la personne sera prise, non pas pour ses compétences, mais pour atteindre la parité, même si ce n’est pas le cas. Il subsiste le risque qu’un homme possédant plus de compétences n’obtienne pas le poste pour ces raisons. Dans ce genre de situation, il reste contradictoire que le genre de la personne soit davantage considéré que les capacités. La solution ne s’avère donc pas parfaite même s’il faut bien faire bouger les choses.

N’apporte aucune solution immédiate sur l’égalité salariale

Pour obtenir un réel impact sur cette inégalité, il faut non seulement s’occuper du nombre de femmes dans les entreprises, de leur place dans la hiérarchie mais également mettre en place une action pour le salaire. Les quotas n’offrent aucune réponse pour le problème d’égalité salariale. Afin de pallier  cette situation, le gouvernement islandais a décidé d’imposer aux entreprises de prouver qu’il n’existe aucune différence de salaire. Dans le cas contraire, elles devront payer une amende. Une solution …

La mise en place d’un nouveau quota ne répond pas à toutes les problématiques telles que la différence salariale entre les deux genres. La technique possède tout de même le mérite d’avoir fait et de pouvoir faire bouger un peu les choses, et surtout, de mettre le problème sur le devant de la scène. Beaucoup de choses restent encore à faire. Vous pouvez aider à faire changer les choses en tant qu’entrepreneurs. A vous de jouer !

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