Le télétravail, la nouvelle donne ?

Le télétravail est devenu la réalité pour de nombreux salariés pendant cette période de confinement et à l’issue de cette période non prévue, ils sont 40 % selon un sondage OpinionWay-Square Management pour « Les Echos », réalisé les 13 et 14 mai 2020 auprès d’un échantillon de 1 015 personnes selon la méthode des quotas, à vouloir poursuivre cette nouvelle manière de travailler.

Le corollaire du confinement a entraîné le fait que l’expérience de télétravail ne s’est pas réalisée sur un échantillon restreint de personnes mais sur des millions de travailleurs et de dirigeants qui représentent 2 / 3 des actifs : communication, ressources humaines, enseignement, finance, médias, comptabilité, … et, de plus, sur des activités comme la télémédecine qui, jusque-là, rencontraient de nombreuses réticences aussi bien auprès des médecins que des patients. Ces derniers s’avéraient très frileux à adopter ce type de consultations. Or, selon le sondage d’Opinionway, le constat serait que 80 % des actifs qui en ont fait l’expérience aimeraient continuer à exercer leur travail à distance, mais bien sûr avec une alternance entre le bureau et le domicile. Mais ce qui est significatif pour une future évolution du télétravail c’est que le management semblerait le plébisciter.

Les prémices du télétravail à grande échelle : les grèves.

Il faut dire que le télétravail avait déjà commencé à s’instaurer pendant les grèves dans la capitale et sa banlieue pour nombre d’entreprises qui avaient fait le choix parfois à contrecœur du télétravail pour que leur activité n’en pâtisse pas. Les difficultés pour les salariés comme de managers et dirigeants à arriver au travail, pour lesquels s’y rendre était devenu un véritable parcours de combattant, avaient achevé de convaincre certains détracteurs. Les salariés avaient accepté de l’adopter pour éviter de perdre leur emploi ou de diminuer leur salaire, les dirigeants par crainte de voir leur activité auprès des clients mis à mal.

Mais pas pour toutes les activités : une réelle prise de conscience.

Pendant cette période de pandémie les soignants, les employés des magasins alimentaires des marchés, des transports (métro, bus…), des usines… ont dû continuer à se rendre au travail. Si le télétravail n’est pas possible dans tous les domaines, il peut alors se poser une réelle interrogation sur la manière de se rendre sur son lieu de travail, sur l’amplitude horaire qui est en général rythmée par le relais des uns aux autres (les soignants par exemple qui se succèdent pour assurer non-stop les soins) ou sur le temps de travail de la journée (dans les magasins alimentaires et dans les transports par exemple) et des 35 h. Pour tous ces salariés, la difficulté demeure que leur travail est souvent situé loin de leur domicile. Si l’emploi était, comme il y a une ou deux décennies à vie ou pour une longue carrière, les salariés envisageraient de trouver un logement près de leur travail mais avec les délocalisations, les restructurations, ils sont plus d’un à avoir investi dans un logement qui se trouve finalement loin de leur nouveau lieu de travail et donc sont contraints d’effectuer de longs trajets qui de plus sont coûteux.

Les personnes qui font un travail chevillé à l’ordinateur.

Depuis quelques années, le télétravail fait l‘objet de nombreuses discussions au sein des entreprises sur ses avantages et ses inconvénients tant pour le collaborateur que pour le manager ou le dirigeant. De grands groupes comme les banques, les assurances …proposaient d’effectuer un, voire deux ou trois jours à domicile et de venir une journée pour créer du lien et rencontrer leur manager ou chef de services ou les équipes. Cette nouvelle manière de travailler était souvent enviée par ceux qui ne pouvaient pas, au sein d’une entreprise, l’appliquer en raison de leur fonction ou poste (par exemple une personne située à l’accueil ou les collaborateurs qui travaillent dans le restaurant d’entreprise). Ils étaient plus d’un à la réclamer pour éviter les transports et la perte de temps et consacrer davantage de temps à leur vie personnelle. Il faut dire que l’inconfort des transports en commun avec les wagons bondés et les retards des trains incessants de cette dernière année étaient devenus la norme incitant à vouloir télétravailler et à instaurer le télétravail afin d’éviter le stress à celui qui ne pouvait pas arriver à l’heure et aux équipes qui étaient obligées de se substituer au retardataire, coincé sur un quai de gare.

Mais d’autres raisons ?

Les familles qu’elles soient monoparentales ou non qui ont des enfants en crèche, école maternelle ou école élémentaire sont très demandeuses car le télétravail leur permet d’aller chercher les enfants, de ne pas arriver épuisées par le transport mais aussi compte tenu des grèves, des ennuis techniques des trains, l’addition pour payer les nounous a grevé sérieusement leur budget et le télétravail leur offre cette opportunité qui se reflète directement sur les relations familiales et sur les ressources de la famille.

Oui mais tous ne plébiscitent du télétravail ? Un impératif maintenir le lien social.

La jeunesse, les personnes ayant des enfants en âge de se débrouiller seuls ou les célibataires peuvent préférer aller au travail. Le lien créé dans l’entreprise leur permet de maintenir une vie sociale indispensable à la vie de l’être humain même s’ils plébiscitent une certaine flexibilité comme d’avoir des jours au domicile et d’autres au travail. Ils sont 9 % à vouloir travailler à temps complet mais ils souhaitent revenir au travail et ceci davantage les femmes. Le travail à distance possède ses revers car le dialogue est dématérialisé. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les profils Tech et les Millenials, selon une enquête WorkAnyWhere® 2020 réalisée par ChooseMycompany, sont moins à l’aise avec le travail à distance, n’étant que 61 % à la soutenir, soit -5 % vs la moyenne.

Pour les profils Tech, l’attente de soutien et de pilotage des projets par les managers est inassouvie. Pour les Milenials , des débutants de la vie professionnelle, le côté social et l’appui du manager leur manquent. Friands des organisations à culture et identité forte, les jeunes restent sur leur faim en l’absence « d’after work » et un ancrage au bureau « base camp », essentiel à leur sens de la communauté.


Les dirigeants : la remise en question de leur management


Jusqu’à présent les managers ressentaient le besoin d’avoir les équipes près d’eux car l’animation des équipes faisait partie intégrante de leur fonction mais ils ont dû s’adapter et ils ont dû certes se réinventer…

Les managers apprécient le plus le travail à distance : plus que 9 sur 10 disent avoir les ressources pour le gérer de manière positive. Les équipes, quant à elles, sont en attente d’une animation collective structurée et d’un meilleur pilotage individuel. Mais la liberté d’organisation ne veut pas dire ne pas être présent : les équipes ont besoin de leurs managers pour piloter l’opérationnel à travers des objectifs clairs, de la disponibilité pour guider, du feedback, et tout simplement de l’encouragement.


Le télétravail et les entrepreneurs

Dès le départ, en dehors de leur rendez-vous avec la clientèle, les fournisseurs, les banquiers… le télétravail est une base car il s’agit de faire des économies et donc d’éviter de louer un espace de travail qui grèverait leur budget. Les auto-entrepreneurs ont déjà pris l’habitude d’utiliser Skype ou Zoom… pour rencontrer leurs clients par exemple plutôt que louer des espaces onéreux. Il en est de même pour les dirigeants de TPE qui ont utilisé naturellement les nouveaux moyens technologiques aussi bien avec les collaborateurs que les clients afin d’optimiser leur temps.

Les outils de travail

Pas si simple… compte tenu du problème de la cybersécurité, il est évident qu’il faut donc donner les outils aux salariés et donc en conséquence assurer leur maintenance. Les outils de travail proposés aux salariés représentent, de plus en plus, comme auparavant la voiture de fonction une valeur ajoutée à l’entreprise et une reconnaissance de confiance de l’entreprise envers son salarié. Il reste souvent demandé de mettre une frontière entre le privé et le professionnel notamment pour des raisons de cybersécurité pour l’entreprise. Mais les outils ne se limitent pas à l’ordinateur et ils se doivent de fonctionner tel que le portable mobile, les logiciels qui permettent de se connecter avec la nécessité de mettre en place parfois un espace de travail au sein du domicile ou encore une assistance informatique.

Quelques logiciels qui ont le vent en poupe


Skype : permet de passer des appels téléphoniques ou vidéo via Internet, ainsi que le partage d’écran.

Zoom : service de conférence à distance

Face time : application de visioconférence par mobile

WhatsApp : application d’appels téléphoniques et de vidéos.

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