Il démocratise le crowdfunding « en equity »

Après un parcours atypique et une première expérience entrepreneuriale dans les télécoms, Benjamin Wattinne fonde Sowefund, une plateforme de crowdfunding dite « en equity ». Portrait. 

c’ est après l’obtention d’un baccalauréat puis d’un BTS et d’une licence en candidat libre que Benjamin se lance en 2003 dans l’entrepreneuriat. Avec un ami du lycée, il monte « New Communication », une société de distribution de terminaux mobiles. Férus de nouvelles technologies et à l’écoute des opportunités promises par ce marché, les deux entrepreneurs achètent le nom de domaine Flybook.fr, que la marque en question n’avait à l’époque pas déposé. Ils proposent à l’enseigne de devenir le distributeur officiel en France de leurs produits. Ils importent aussi dans l’Hexagone les premiers téléphone Qtek, devenus HTC.

Mais progressivement, les visions des deux compères s’opposent. « Nous n’avions plus la même vision stratégique pour l’entreprise et je trouvais que le modèle de la distribution en ligne avec ses très faibles marges était trop complexe pour une jeune entreprise comme la nôtre, j’ai revendu mes parts. »  Benjamin reprend les études en 2008 et intègre un Master en Management de l’Innovation à l’école Novancia. Pendant deux ans, il travaille chez Paris Business Angels en alternance, avant de rejoindre la société américaine « Angel Soft », qui développe la plateforme Gust.com, dont l’objectif est de mettre en relation entrepreneurs et investisseurs. Il prend la tête de la direction française puis européenne de la boîte, jusqu’en avril 2014. Une véritable aventure intrapreneuriale au cours de laquelle éclot le projet Sowefund.

« Lors d’un congrès d’investisseurs début 2013, j’ai été marqué par le discours des plateformes de crowdfunding qui se plaçaient en concurrent frontal des investisseurs traditionnels, arguant qu’à terme, elles les remplaceraient. Je crois que ce n’est vraiment pas pour tout de suite et pense plutôt que nous sommes complémentaires » décrit Benjamin.

Aux côtés de Georges Viglietti, ancien DG de Paris Business Angels, et d’un second associé spécialiste du marketing digital et du webdesign, Benjamin mûrit l’idée. Il s’agit de développer une plateforme de financement participatif « en equity », c’est-à-dire qu’ils offrent aux particuliers la possibilité d’acheter des actions, directement ou par l’intermédiaire d’une holding, dans de jeunes sociétés innovantes, le tout pour de petits tickets d’entrée (à partir de 100 €).

Les fondateurs décident de créer la structure en décembre 2013. La plateforme est lancée en version bêta en avril 2014 et les entrepreneurs travaillent pendant tout l’été afin de présenter leur modèle à l’Autorité des Marchés Financiers, dans le but d’obtenir le label « CIP : Conseiller en Investissement Participatif ». En septembre, ils financent leurs deux premiers projets, et décrochent l’agrément un mois plus tard.

Aujourd’hui, après un an d’activité, l’entrepreneur dresse un premier bilan : « Nous avons financé 8 dossiers pour un total de 2,5 millions d’euros » détaille Benjamin. Aujourd’hui, l’entreprise compte 6 salariés et deux embauches sont prévues très prochainement.

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