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[Entrepreneuriat] Des stages en entreprise… Pour nos députés !

C’est une information Europe 1, une association patronale propose aux membres du parlement de venir en entreprise effectuer un « stage d’observation » pendant l’été. A première vue, les députés semblent emballés par l’idée. Objectif pour les patrons : mieux faire connaître à leurs représentants, l’univers dans lequel ils font évoluer leurs projets et qui fait l’objet de débats législatifs. La plupart d’entre eux pensent que les députés n’ont pas une vision de l’entreprise suffisamment pointue pour légiférer à ce sujet.

Une idée qui a du sens

Alors que les stages en entreprise sont généralement faits pour les étudiants en fin de cursus ou en formation. Cet été, certains députés seront probablement eux aussi, en stage dans des entreprises. Il ne s’agit évidemment pas d’une formation pour les députés mais d’un stage d’observation permettant à ces derniers de se plonger dans l’univers des entreprises afin de mieux connaître les obstacles que rencontrent les chefs d’entreprise ainsi que les enjeux. L’initiative a été lancée par l’association de patrons « Entreprise et progrès » et semble séduire les chefs d’entreprise mais aussi les députés.

La légitimité des députés remise en question

Sur les 577 membres de l’Assemblée Nationale, seulement 18 ont occupé un poste de chef d’entreprise. C’est sur ce constat que la légitimité de la majorité des députés est remise en question par les entrepreneurs quant à la création de lois relatives aux entreprises privées.

« 90% des députés ne connaissent pas le monde privé et doivent passer des lois sur l’entreprise privée », déplore Denis Terrien, à l’origine de cette initiative. « Imaginez qu’on demande à des dirigeants d’entreprise de passer des lois sur le droit de vote, ou sur les circonscriptions : je ne pense pas que ça soit les meilleures lois », explique-t-il, assurant qu’ « il est temps que les députés aient plus conscience de ce qu’est le milieu de l’entreprise, pour passer de meilleures lois ».

L’exception qui confirme la règle

Parmi les 18 députés qui ont eu le statut de chefs d’entreprise au cours de leur carrière professionnelle, Laure de la Raudière, députée UMP, témoigne du décalage qui existe entre les décisions des députés et les attentes des entreprises. Elle a travaillé plusieurs années à France Télécom et a créé son entreprise avant de devenir députée.

« Je crois que je suis la seule dans l’hémicycle à avoir travaillé dans une entreprise de type start-up, qui sont pourtant des entreprises qui créent aujourd’hui, en matière de recherche et d’innovation, les produits de demain, qui sont essentiels pour la croissance d’un pays », souligne l’élue de la troisième circonscription d’Eure-et-Loir. Résultat : « personne dans l’hémicycle ne connaît bien le financement de ces start-ups ».

Les PME et multinationales veulent jouer le jeu

Des multinationales telles que Nature et Découverte, ou encore L’Oréal ainsi que des PME comme Lyra Networks (PME toulousaine) se disent prêtes à ouvrir leurs portes aux députés dès cet été. Ces entreprises voient dans cette innovante idée, un bon moyen de donner aux députés les outils qui leur permettront de mieux légiférer sur les entreprises. Du côté des députés, certains sont déjà partants, et ce « quel que soit le bord politique », ajoute Denis Terrien.

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