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PEA / PME : le financement d’entreprise

Longtemps cantonné à un choix binaire, le financement de l’activité de nos entreprises connaît depuis moins d’une dizaine d’années une explosion dans la diversification. Si le duel financement en fonds propres versus dette bancaire est toujours d’actualité, force est de constater que de jeunes entrepreneurs ont lancé des idées capables de dépoussiérer les vieux codes du secteur et de concurrencer les établissements financiers. A ces jeunes « financiers » est venue se greffer une idée extraordinaire de la part d’entrepreneurs et mise en musique par le gouvernement au travers de l’article 53 du projet loi de finance 2014 : la création du PEA / PME.

Objectif : Permettre aux entreprises aux besoins en fonds propres évident de trouver les contreparties qui les accompagneront dans leur aventure.

Un manque important de financement en fonds propres

Le 16 octobre 2013, l’AFIC (l’Association Française des Investisseurs pour la Croissance) & Grant Thornton ont communément publié un état des lieux, arrêté au 30.06.2013, du capital investissement à la Française. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que du chemin a été parcouru mais que la ligne d’arrivée est encore loin !.

Le constat est criant « Au 1er semestre 2013, 3,6 milliards d’euros ont été levés par les acteurs français du capital investissement. Un niveau en progression mais qui reste très faible et largement insuffisant pour répondre aux besoins de financement en fonds propres des PME et ETI françaises, estimés à 11 milliards d’euros ». (Source AFIC / Grant Thornton)

La création du PEA PME – une EXCELLENTE mesure pour l’Entrepreneur

Cette loi émerge de l’esprit et de l’envie d’Entrepreneurs comme vous, d’apporter une réponse aux manques de financement en fonds propres actuels. Ce sont de ces Entrepreneurs que part l’idée de réorienter 80 milliards d’euro vers l’économie réelle.

Vous êtes le chef d’entreprise d’une PME dont le chiffre d’affaire totalise moins de 7 chiffres, cette mesure vous est (surtout) destinée ! Le PEA PME, comme le PEA classique, est une enveloppe favorisant l’investissement en actions sous toutes ses formes. Et même si l’industrie de la gestion d’actif (titres cotées) tente de s’accaparer la mesure en monopolisant la vieille médiatique, soyez rassuré, d’autres acteurs, proches de vous font entendre leur voix, la vôtre, pour mettre en avant vos besoins et la nécessaire réorientation de l’épargne des PEA vers vos entreprises.

Les relais pour véhiculer cette mesure dans le sens de l’utile existent déjà. Outre les acteurs spécialisés sur le PEA « non coté », certains trouveront, en fonction de leur niveau de besoin et de l’état d’avancement de leur projet, les sociétés du financement participatif, les réseaux de business angels ou les fonds de private equity.

Chacun de ces acteurs vous permet de bénéficier d’une expertise particulière dans différents secteurs d’activités. Il est possible dans certains cas de vous voir proposer, par moment, un accompagnement par une équipe de spécialistes sur des sujets ciblés dont votre entreprise a besoin pour voir plus haut.

Partez du principe que les ressources qui viendront financer vos emplois viennent d’un PEA. Et que par définition, cet argent qui vous est « confié » vient de personne dont le profil de risque a été identifié et accepté par ces dernières. Un euro placé au sein d’un PEA n’est pas là (ou ne devrait pas y être) pour des raisons strictement fiscal. Et encore moins par hasard.
Cet euro est là pour un bon moment. Vos investisseurs sont donc conscients du temps que la sortie de votre capital prendra. Mieux encore : ils l’acceptent.

Pour autant, la sortie ne doit pas être remise à la saint Glinglin. Contrairement aux marchés financiers, la souscription de titres non cotés n’est pas réglementée, c’est un domaine que vos investisseurs ne maitrisent pas et qui, par ricochet, fait peur. Car une des particularités du non cotée réside dans la « non liquidité » des titres. Vos nouveaux entrants connaissent la date d’entrée à votre capital et le prix qu’ils payent, mais ils ne savent généralement pas exactement quand et à quel prix ils ressortiront. Donc, encore plus qu’ailleurs, sachez tourner cet inconvénient en avantage. Soyez rassurant et imaginatif.

Imaginez un peu : hormis les principes de base attachés au droit des sociétés, il n’y a pas de règles en la matière. C’est à vous de dicter vos « lois », en collaboration bien sûr avec vos futurs nouveaux partenaires.

Par exemple, imposez-vous des dates de sorties de vos investisseurs. Ils seront heureux de savoir que tous les 12 mois, ils récupèreront une partie de leurs liquidités. Cela leur permettra de rentrer dans de nouveaux projets et de ne pas immobiliser leurs capitaux sur une seule entreprise.

A quel prix ? Déterminez le et mettez-vous d’accord.

Si votre projet fonctionne comme vous le souhaitez, voire mieux, déterminez un indicateur selon lequel, si vous y gagnez, ils y gagneront. Et n’hésitez pas à les gratifier « correctement ». C’est aussi grâce à eux que vous en êtes là.
Et si c’est le contraire qui vous tombe dessus, pas de panique. Rappelez-vous que vos « accompagnateurs » ont accepté le risque inhérent à votre activité… Et que contrairement à votre banquier, ils ne viendront pas chercher votre résidence principale. C’est ça l’avantage du non coté. Et plus particulièrement au sein du PEA.

Le PEA PME, comme le PEA classique, poursuit intrinsèquement des objectifs à long terme. C’est leur raison d’être.
L’investissement en action non cotée est le véhicule qui colle le mieux à cet objectif. C’est une évidence et contrairement aux idées reçues, le PEA n’est pas une enveloppe destinée à boursicoter. Il n’est donc pas l’apanage des courtiers, des brokers en ligne ou de votre banque.

5 millions de PEA peuplent notre pays. C’est 1 actif sur 5. Tous, quasiment, sont persuadés qu’un PEA est destiné à être utilisé au profit des marchés financiers. C’est FAUX. Les liquidités inscrites au sein des PEA vous sont destinés à vous Entrepreneur. A vous qui créez de la valeur, de la croissance et donc des emplois.

L’occasion d’engager un réel virage est trop belle. Les épargnants qui vous entourent doivent devenir de vrais investisseurs. Vous en avez besoin. Et eux aussi.

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