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Patronat des TPE et gouvernement, la grogne

Décidément  l’écart se creuse encore entre les dirigeants de TPE et le gouvernement. Selon la 52ème édition du Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour Fiducial auprès des Très Petites Entreprises, le gouffre est de plus en plus abyssal. Parmi les causes possibles, on a le ras le bol fiscal.

13 %, un record pour le baromètre TPE

13% d’opinions favorables, c’est la côte de confiance générale envers l’exécutif pour le deuxième trimestre consécutif. Un triste record depuis la création du Baromètre TPE, qui illustre le décalage existant entre les mesures annoncées et les attentes des entrepreneurs. D’ailleurs, seuls 10 % des patrons de TPE estiment que le gouvernement prend en considération les préoccupations liées à leur activité (-12 points depuis l’élection de François Hollande.

Au regard de ces enseignements, Jean-Marc Jaumouillé, Directeur des techniques professionnelles de Fiducial, souligne : « Trop de dépenses, trop de déficits, trop de dettes, trop d’impôts… voilà les reproches qui fondent l’impopularité record du gouvernement Ayrault auprès des chefs d’entreprise. Tant que l’exécutif restera sur cette ligne, la reprise de l’activité sera impossible. Les prélèvements obligatoires obèrent dangereusement l’investissement et l’emploi ».

Un contexte tendu

L’augmentation des impôts par couches successives n’arrange pas les affaires des patrons de TPE dont le mécontentement ne faiblit pas. Une hausse fiscale a été constatée par 83 % d’entre eux en tant que particulier et par 77 % pour leur entreprise. Conséquences directes : 72 % des dirigeants de TPE renoncent à investir et 46 % à embaucher. Et pour 2014, peu de patrons de TPE croient en la promesse d’une pause fiscale puisqu’ils sont 75 % à craindre une hausse supplémentaire. Un contexte bien tendu qui pousse les  TPE à anticiper une récession de -2% sur l’ensemble de l’année et qui pourrait atteindre les -3,6 % dans l’hôtellerie et le commerce et -3,7 % dans l’industrie et les services à la personne. 

Un regard clément pour les communes

Les « petits » patrons ont un regard plus compatissant sur l’action de leur ville que sur celle du gouvernement.  A ce propos, 75 % à se déclarent  satisfaits de la commune dans laquelle ils exercent leur activité et 65 % à approuver le travail de la municipalité ; 64 % estiment également que la commune utilise plutôt bien l’argent issu des impôts locaux.

Par contre les deux tiers des chefs d’entreprise sont mécontents du regard que la municipalité porte sur leurs intérêts en matière d’impôts locaux (66 %), de manque de promotion des entreprises (66 %), de difficultés de stationnement (51 %), de recours à des entreprises issues d’autres communes sans mise en concurrence (45 %).  Ceux-ci souhaitent une action de leur commune sur l’emploi et le développement économique (86 %), les transports, la circulation et le stationnement (73 %), suivi de l’éducation (69 %), de la sécurité des biens et des personnes (68 %), les équipements et services publics (67 %). 

Une inquiétude, la sécurité

30 % des TPE déclarent avoir subi des violences dans l’exercice de leur activité au cours des deux dernières années (13 % à plusieurs reprises), résultat en hausse de +5 points par rapport à 2011. La conséquence, 70 % des chefs d’entreprise se sentent personnellement préoccupés par les questions liées à la sécurité et à la délinquance.

Aussi,  71 % déclarent  que la politique du gouvernement n’est pas efficace. Pour y faire face, 30 % des dirigeants de TPE ont réalisé des investissements ces deux dernières années. Si les alarmes ou les grilles de protection arrivent en tête de ces investissements, ils sont tout de même 3 % (de l’ensemble des TPE) à avoir acheté une arme d’autodéfense (arme à feu, bombe lacrymogène, point américain…).

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