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L’esprit d’entreprise menacé de disparition ?

Après une semaine de rébellion des entrepreneurs Français contre les mesures envisagées par le gouvernement je me décide à écrire sur le sujet. Sujet qui me tient tant à cœur, sur lequel je suis sensible, mais à propos duquel recul et réflexion s’imposait afin d’éviter de dangereux raccourcis.

Avant de débuter, je tenais à préciser que je ne fais pas partie des grands entrepreneurs s’étant exprimés ces derniers jours à l’image de Marc Simoncini, Patrick Robin (http://bcove.me/4nf68xe2) ou encore Jean-David Chamboredon. Je ne me compare pas et ne prétend pas être un entrepreneur à succès.

Simple entrepreneur je travaille depuis l’âge de 15 ans autour d’un rêve: créer et développer des entreprises en France. Ce rêve étant mis à mal je souhaite réagir sur un point, le sentiment d’un jeune de France face au climat anti-réussite actuel.

Des textes, des taux et des mesures

Le 28 Septembre pas de projet de loi de finances 2013 en vue mais …un tsunami. Comment étais-ce possible ? Comment un gouvernement avait-il pu penser un projet aussi déstabilisant pour le monde des startups ? Comment peut-on envisager plus de 5 minutes et de façon sérieuse taxer à plus de 60% le fruit de la vente d’une entreprise issue d’années et d’années de travail acharné soldé à 9 fois sur 10 par un échec ?

Mais bien au delà de ces incroyables taux j’y voyais surtout une confirmation de mon sentiment depuis des semaines : la richesse, la réussite et l’ambition sont décriées, tout en confondant sans la moindre honte patrons, PDG voyous et entrepreneurs …

« Ces nuits blanches où vous n’étiez pas là (…) Mr Le Président »

Jean-Luc Besset, écrivait cette phrase dans un récent article; comme elle est criante de vérité et comme je m’y reconnais seul devant mon ordinateur à 3 heures du matin en train d’écrire cet article !

Je n’ai pas peur de le dire: j’aime travailler ! Oui je travaille avec passion, oui je fais deux, trois fois 35h par semaine à moi tout seul, et alors ? J’en suis heureux parce que c’est cela l’entrepreneuriat avant tout, aimer son job, aimer ce que l’on développe, penser création 24/24h et rester motivé coute que coute sur son projet et ses valeurs, envers et contre tout.

Au delà de ce projet c’est aussi cet espoir un peu fou, un peu dingue qui nous caractérise, nous les entrepreneurs, que nous allons changer le monde à notre niveau. Ce rêve, cet espoir, il n’a pas de valeur, c’est lui qui nous permet d’avancer et de nous lever avec joie chaque matin.

Le temps d’un article arrêtons la langue de bois, même si les Français détestent ce mot, parlons d’ARGENT. Oui un entrepreneur endure des sacrifices immenses pour servir son rêve, son idéal d’entreprise, oui il travaillera plus que quiconque et perdra tout en cas d’échec.

Mais arrêtons de penser que tout est gratuit, que l’entrepreneur est un philanthrope, l’argent est un moteur et il le sera toujours, c’est un bon moteur qui est à encourager et à glorifier, pas à critiquer et à salir. L’argent n’est pas sale, il est honorable lorsqu’il est issu de son travail, de ses risques et de ses renoncements.

Un patron n’est pas un entrepreneur …

Venons en à l’amalgame réalisé depuis des semaines qui consiste à inclure dans le même “sac”, sans distinctions, tous ceux qui réussissent, qui se médiatisent et qui gagnent de l’argent. Non et encore non, une distinction convient d’être faite entre le PDG d’un grand groupe nommé en temps que salarié suite à une longue et brillante carrière, certes, mais non constituée des mêmes risques que le parcours d’un entrepreneur. Lui, cet entrepreneur, il aura bien souvent risqué une grande partie de son patrimoine personnel, perdu des proches dans son obsession de réussite. Il n’aura pas trouvé le sommeil durant des semaines à cause des difficultés de son entreprise, alors non ! Par pitié ! Ne mélangez pas ces deux profils aussi méritant l’un que l’autre…

Tous les entrepreneurs ne sont pas riches, et ceux qui le deviennent à la force de leur travail se transforment en modèle pour les plus jeunes, pour ceux qui se disent “voici la réussite que je souhaite avoir” et vont se donner à fond pour atteindre ce but. Mais vous le savez tous durant cette période on est loin d’être riche, tout est loin d’être simple et l’argent facile n’existe pas. En cas d’échec vous serez seul, les autres vous regarderont tomber, personne ne vous aidera à vous relever, vous devrez le faire seul.

Pour montrer l’amalgame, quelques phrases entendues de personne ne travaillant pas dans le monde des startups: “De toute façon ils sont tous pareil avec leur argent” “Ils sont riches, ils peuvent bien payer” “Riche ? Riche sur le dos des pauvres oui” “Si je gagnais 10% du montant de la revente de leur entreprise je serais déjà bien heureux tient”

Non un entrepreneur n’est pas un PDG !

Un rêve oh combien fragile et en partie brisé

C’est avec une pointe d’émotion que j’ai écouté l’interview de Marc Simoncini au micro de Stéphane Soumier dans Good Morning Business. Une émotion particulière car j’admire le journaliste ainsi que l’entrepreneur. Ces mots décrivaient un sentiment que je partage « Les gamins ils feront cela d’ailleurs, ailleurs, ils ne resteront pas en France avec des gens qui leurs disent, tu va bosser 12 ans et tu va me laisser, à moi Etat, 60% à la sortie »

La machine à entreprendre, c’est la rêve, le rêve de réussir, le rêve de se voir rétribué entre autre financièrement de ces années, parfois dizaines d’années de sacrifices sans vacances, sans salaires, sans grande considération. Comment voulez vous qu’un entrepreneur rêve avec une société qui le considère d’avance comme un patron voyou tout en le taxant d’un montant exorbitant en cas de réussite ? C’est impossible…

Le monde est vaste, internet l’a rendu accessible d’un clic, à quoi bon rester à survivre dans ce climat alors qu’à quelques centaines de kilomètres se trouve une ambiance différence admirant la réussite, ELLE ? Aucun intérêt, et par pitié arrêtons de parler de conscience patriotique, cet argument à bon dos. Oui la nation, sa propre nation est d’une grande importance mais ne donnant pas droit à tous types de dérives et surement pas celle qui consiste à faire des entrepreneurs les décriés d’un modèle économique qui n’en finit plus de mourir …

Vous savez, l’optimisme c’est ma raison d’être, mais aujourd’hui sur la situation de l’entrepreneuriat en France je ne le suis pas, je n’arrive plus à l’être lorsque je vois les messages envoyés à ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour réussir, à ceux qui ne manifestent jamais, à ceux qui ignorent même la signification du mot RTT …

A quand un gouvernement accueillant des entrepreneurs ? Je le rêve !

Ps: Pour éviter toute reprise politique de ma tribune je précise que non, je ne suis pas militant UMP, je partage et défend les bonnes idées, qu’elles soient de droite ou de gauche.

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