BusinessGérerLes difficultés

La grève SNCF fait dérailler les entreprises

La veille du début de la grève, mardi matin, le Medef avait exprimé son inquiétude concernant l’impact des grèves sur les petites entreprises déjà fragiles. Au troisième jour de grève, ce vendredi 13 juin, la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a pris la même voie en « tirant la sonnette d’alarme »…

Coup de frein pour les PME

Avec un tiers des stations-service françaises à sec, la pénurie de carburants liée aux grèves de la SNCF contestataires de la réforme des retraites, commence à se faire sentir auprès des entreprises qui s’inquiètent de la baisse d’activité. Celle-ci pourrait coûter des centaines de millions d’euros. Si la grève devait se poursuivre la semaine prochaine, les entreprises risqueraient fort d’être impactées car travaillent avec des stocks limités et doivent se réapprovisionner. Elles pourraient être les victimes d’un ralentissement voire d’un arrêt de la production.
Même si aucun bilan chiffré des pertes pour les entreprises n’a encore été communiqué, la CGPME a présenté les différents types de problèmes résultant de la grève de la SNCF.
Le personnel peine à arriver sur le lieu du travail, notamment dans les zones rurales. Les rendez-vous sont décalés et les réunions annulées. Pour couronner le tout, les clients ne répondent pas au téléphone. Du coup, non seulement la productivité des entreprises tourne au ralenti, mais l’absentéisme coûte chaque année aux entreprises entre 13 et 25 milliards d’euros. Toutefois, il ne faut pas oublier que la grève a également un impact sur les salariés qui se démènent pour venir travailler et repartent en sachant que leur retour sera difficile. Quant à ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre un jour de congé ou de RTT, ils sont contraints de mettre la main à la poche pour financer cette journée de repos prise par obligation.

Impact des grèves sur les PME et GME

Si le président de la CGPME demande aux syndicats de cesser de perturber les activités des unités de production c’est parce qu’il s’inquiète pour les entreprises françaises qui, après avoir traversé la crise, pourraient ne pas résister longtemps à la prolongation de la grève. Devant ces difficultés, les moyens des PME sont trop faibles pour pallier aux séquelles catastrophiques des désorganisations engendrées par les actions syndicales.

Quant aux grandes firmes, elles expriment également leurs craintes devant la situation désastreuse provoquée par la grève qui a déjà touché plusieurs secteurs d’activité, comme l’industrie chimique, les travaux publics et la construction de bâtiments. Malgré l’importance de leurs moyens pour amortir les perturbations dues aux mouvements sociaux, les dirigeants des grosses entreprises appréhendent les retombées négatives de cette succession journalière de grève sur leur bilan annuel. 

Quelques chiffres

Le MEDEF estime à 50 millions d’euros le coût d’une journée de grève pour les entreprises de la région d’Ile de France. Lorsque nous savons que cette région représente un tiers de l’économie nationale, le chiffre de 150 millions d’euros peut être avancé sans exagération.Il faut savoir que le transilien transporte quotidiennement environ 3 millions de passagers contre 0,8 million pour les TER dans le reste de la France. Aujourd’hui, La CGPME a critiqué le mouvement de grève à la SNCF en estimant que « la France n’a pas les moyens de le supporter ».

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