Actualité

France : où sont passés nos séniors actifs ?

Si le recul de l’âge de départ à la retraite a fortement influencé le taux de chômage des séniors en France, être actif après 55 ans reste difficile dans l’hexagone. Selon une étude de l’Insee, publiée mercredi, la part des personnes de 55 à 64 ans, occupant un emploi en France, est plus faible que la majorité des grands pays de l’Europe. Zoom sur ce phénomène.

Un constat alarmant

« La France se distingue par un « décrochage » particulièrement marqué de la participation au marché du travail à partir de l’âge de 55 ans », a conclu l’étude, précisant que les hommes sont plus touchés que les femmes par cette tendance.

Du point de vue de l’Europe, la France est nettement en bas du classement, avec un taux d’emploi de 39,7% des 55-64 ans, tandis que la moyenne de l’Union européenne à 27 pays est de 46,3%. En tête du classement se trouvent notamment la Suède (70,5%), l’Allemagne (57,7%), le Royaume-Uni (57,1%), l’Espagne (43,6%), le Portugal (49,2%) et la Grèce (42,3%). En revanche, le Luxembourg (39,6%), la Belgique (37,3%) et l’Italie (36,6%) ne font pas mieux que la France.

L’étude révèle également que, entre 2008 et 2011, le taux de chômage des 55-64 ans en France a augmenté, même s’il est moins élevé que la moyenne européenne des 15 (6,5% contre 6,7% respectivement). « Le taux de chômage est structurellement plus bas pour les personnes de 55 à 64 ans que pour les personnes plus jeunes, en partie à cause des dispositifs de retrait d’activité existant à ces âges, mais aussi du poids relativement important dans cette tranche d’âge des indépendants et, pour les salariés des emplois stables », a affiché l’étude.

Les raisons de ce phénomène

Selon l’Insee, deux périodes justifient ce phénomène :

  • Dans un premier temps, les années 80 et 90 avec le développement des préretraites et le passage de 65 à 60 ans de l’âge légal de la retraite (en 1983). 
  • Puis, dans un deuxième temps, la dernière crise économique et la fin des dispenses de recherche d’emploi. Depuis le 1er janvier 2009, l’âge minimal est passé de 57 à 60 ans, afin de bénéficier de la dispense de recherche d’emploi. Par conséquent, les seniors sans emploi ont été plus nombreux à être classés comme chômeurs au sens du BIT.

Autre remarque, parmi les 55-59 ans sans emploi en France, soit 1,4 millions de chômeurs, 30% d’entre eux n’ont pas la volonté de retrouver du travail puisqu’ils se prétendent soit retraités avant l’âge légal (13%), soit dans une autre situation d’inactivité (invalidité ou au foyer : 17%). Seuls 6,4% d’entre eux souhaitent travailler, soit 2,1% de plus depuis 2008. On y retrouve souvent des anciens ouvriers ou employés qui avaient une activité régulière.

Un retour des séniors actifs en progression

Outre les mauvaises nouvelles, le taux de retour à l’emploi des chômeurs de 50-54 ans a progressé ces dernières années, passant de 23% entre 2004 et 2008 à 27% entre 2009 et 2011. Il en est de même pour les 55-59 ans (8% à 11% pour les mêmes périodes respectives). Un retour qui s’explique par la précarité de l’emploi (CDD et intérim), puisque 56% des seniors travaillent à temps partiel.

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page