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[Économie] Le FMI s’inquiète du poids des créances douteuses

Le FMI s’adresse à la BCE en lui demandant d’augmenter les liquidités suite aux difficultés des entreprises d’Europe du Sud à payer leurs échéances ainsi qu’en réponse aux poids des créances douteuses bancaires.

L’accroissement des créances douteuses bancaires

Le Fond Monétaire International réagit face à l’importance des créances douteuses présentes au sein de la zone euro. Dans son rapport sur la stabilité financière mondiale, le FMI met en garde « Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique ».

Depuis 2009, le stock détenu dans le bilan des banques a doublé. Contre 400 milliards en 2008, ce stock s’élèverait aujourd’hui à plus de 800 milliards de dollars sur l’ensemble de la zone euro, d’après le FMI. Les pays européens concernés par cette crise financière sont notamment Chypre, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Slovénie. Le FMI affirme qu’une certaine menace sur la solvabilité de leurs banques, leur rentabilité limitée ainsi que leur capacité à soutenir l’activité économique restreint découle du poids de ces créances douteuses.

On constate une réduction de l’ordre de 10% entre 2012 et aujourd’hui pour le bilan de l’ensemble des établissements de l’Union monétaire européenne. La fragilité des bilans bancaires pénalise d’autant plus l’activité économique.

Les entreprises s’endettent auprès des banques

« Les dirigeants de la zone euro font face au difficile défi d’accélérer l’assainissement de banques et des bilans des entreprises sans compromettre le retour de la confiance des marchés », nous informe le FMI. Actuellement, les banques de la zone euro sont soumises à une revue de leurs actifs. Cela dans le souci d’identifier un éventuel besoin de recapitalisation et sous la supervision de la Banque Centrale Européenne (BCE).

A compter de mai, l’Asset Quality Review, l’examen de la qualité des actifs des banques, réalisé par la BCE, effectuer des tests de résistance qui vont être menés sur 124 banques dans 22 pays européens dont les résultats sont attendus en octobre.

Les flux de trésorerie (cash-flow) seraient en effet insuffisants pour acquitter les frais financiers qu’elles doivent à leurs banques. Cette donnée concerne un pourcentage élevé d’entreprises : entre 20 et 30% en Italie et entre 30 à 40% en Espagne et au Portugal dont les sociétés ne peuvent faire face au seul paiement des intérêts ! Ces chiffres paraissent dans le rapport semestriel du FMI sur les risques financiers mondiaux (Global Financial Stability Report) publié mercredi dernier à Washington.

Pour le FMI ce n’est rien d’autre que la preuve que dans la zone euro « la restructuration du secteur fortement endetté des entreprises marque le pas en raison de l’assainissement inachevé des bilans bancaires». Le conseiller financier du FMI José Vinals accuse « l’assainissement insuffisant des banques et des bilans d’entreprises continue d’exercer un frein sur la reprise de la zone euro ».
Le FMI s’inquiète de la tendance sur les marchés financiers américains qui selon lui se traduirait par un endettement croissant du secteur privé ainsi qu’un affaiblissement de la qualité des créances sur certaines parts du marché du crédit.

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