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Du Casse-toi riche con au #geonpi. Et après, on fait quoi ?

De la une de Libération le 10 septembre, « casse-toi riche con » à l’adresse d’un entrepreneur, au projet loi de finance 2013 dénoncé par la fronde des pigeons #geonpi, la dynamique entrepreneuriale en France est mise à mal.

Le débat pour ou contre une presse qui confond information et « coup marketing » ne présente que peu d’intérêt. Courir après l’audience à tout prix, c’est finalement faire ce qu’on reproche aux entrepreneurs sans vergogne : vendre à tout prix. 

C’est dans ce climat que le projet de loi de finances 2013 vient d’être annoncé provoquant un tollé sur la toile. Pourtant ces mesures étaient dans le programme du candidat Hollande. En réalité, on est en train de se réveiller après une campagne électorale sans débat d’idées, et sans projet majeur.

Ces anecdotes révèlent un pays malade, rachitique, en carence de projet de société.

Il faut reconnaître que le problème n’est ni récent, ni de droite, ni de gauche. C’est pour un déficit de sens que la droite a perdu. C’est avec un déficit de sens que la gauche présente ses premières mesures. Dire qu’on va taxer les riches, ce n’est pas avoir une vision politique, pas plus que stigmatiser les immigrés ou les patrons. Cela n’a aucun intérêt.

Une vision à donner

C’est à la classe politique de donner une vision afin de fédérer les énergies vers un but clair et précis ; 
Faire de la pédagogie, expliquer, convaincre sur la nécessité des réformes profondes, définir un calendrier et des moyens ;
Et après seulement, chacun, qu’il adhère ou non, devra participer à l’effort collectif, et notamment aux impôts nouveaux.

Silence radio et distorsions

En l’absence de leadership, l’opinion publique est perdue, et on finit par tout mélanger. Et tout mélanger, c’est grave car l’amalgame laisse place à toutes les distorsions.

Tout mélanger, c’est laisser le champ libre à une poignée d’entrepreneurs de faire la loi. J’entendais cette semaine sur les réseaux sociaux le fondateur d’une start-up internet expliquer comment réformer la France. J’avais l’impression d’un fastfood en train de donner des leçons de nutrition dans les écoles maternelles !

Chacun à sa place. 

Au politique de faire et d’assumer la loi. L’entrepreneur est là pour vendre ses produits. Et si tout va bien, créer de la valeur, créer des emplois, exporter, créer des actifs pour le pays.

Tout mélanger, c’est l’effet de la formule électorale « taxer le capital comme le travail ». Parce que le terme de Capital est complexe, parle t-on de revenus du capital, de plus-values de cession… Parce que le travail est excessivement plus taxé en France que chez nos principaux partenaires, la réforme entraînerait une hausse considérable de la fiscalité dont on parle en réalité.

Capital et prise de risque

Et quand dans Capital il y a prise de risque, on ne peut pas augmenter impunément sa fiscalité. 

Les jeunes entrepreneurs, qui ne sont pas tous des parias de l’internet, ne songent pas à la revente de leur boîte, ils songent à leur trésorerie de fin de mois pour survivre. Et quand ils ont épuisé leurs économies et celles de leurs proches, qu’ils ont hypothéqué leur maison, ils se tournent vers les business angels, le Capital Risque.

La véritable source du problème

Le problème se trouve en fait ici : une politique industrielle ambitieuse doit inciter un Capital Risque fort. Parce qu’il faut inciter à la prise de risque pour innover et entreprendre, et que l’on a besoin de capitaux pour financer le risque. 

Tout mélanger, c’est enfin proposer une fiscalité à l’opposé de nos principaux partenaires. A deux heures de Paris, la Belgique exonère les plus-values de cession, taxées à 34% en France jusqu’à présent. L’Angleterre et l’Allemagne affichent des fiscalités des entreprises proches (24 et 26,4%). Les Etats-Unis exonèrent depuis 2010 les plus values réalisées dans les petites sociétés .
Il est vital d’attirer les capitaux en France par une fiscalité simple et favorable. 

Attirer les capitaux, créer un Capital Risque fort, c’est créer le bras armé de notre croissance future.

550.000 entreprises ont été créées l’an dernier en France. La majorité des grandes écoles en France oriente leur enseignement vers l’entreprenariat. Un nombre croissant d’étudiants crée une société à la fin de leurs études …

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