Développement des PME : un enjeu stratégique

La question a été posée à 500 entrepreneurs : « quelles mesures pour améliorer la compétitivité des PME ? ». L’ordre des Experts Comptables franciliens et la Compagnie Régionale des Commissaires aux comptes de Paris tentent de leur côté d’y apporter des réponses.

« Croissance des entreprises, un enjeu capital ! »
en 20 propositions

C’est ce thème qui fédère les entrepreneurs, décideurs et créateurs, dans le but d’appréhender les obstacles qui se dressent sur le parcours allant de la PME à l’ETI. Ce sont au total 20 propositions qui esquissent les moyens de s’acheminer vers la croissance.

Un accès au financement et aux nouveaux marchés difficile

Ce sont principalement ces deux écueils qui empêchent la croissance entrepreneuriale selon le rapport. Il apporte les solutions suivantes, et prône notamment la modification du régime fiscal de l’impôt sur les sociétés pour favoriser l’accroissement des fonds propres des PME par autofinancement, l’évolution vers une « flexisécurité » à la française privilégiant l’employabilité des salariés au maintien de l’emploi à court terme, et l’adaptation de l’entreprise à son environnement, ou encore le transfert d’une part du financement de la politique familiale (environ 30 milliards d’euros) pesant actuellement sur les revenus du travail.

Des solutions concrètes apportées

En s’orientant vers les pôles de compétitivité et d’innovation, il découle de l’étude que ce sont les entreprises spécialisées dans l’exportation qui doivent être privilégiées. C’est le manque de visibilité et la difficulté de conquête des marchés qui a créé de nombreuses difficultés. Seulement 24% des entreprises ont utilisé des dispositifs publics d’aide à l’innovation.

Selon la 2e proposition, il faut ouvrir aux PME l’accès aux marchés publics : 25% d’achats publics seraient ainsi réalisés. Seuls 41% des entrepreneurs se déclarent satisfaits de l’ouverture aux marchés publics, tandis que 67% y voient une nécessité.

Il faut en outre assurer l’équilibre entre les grands groupes et les PME, en passant notamment par un droit de la concurrence mieux appliqué.

La formation continue, qui répond réellement aux besoins de l’entreprise, doit être encouragée et déployée selon l’idée d’évolution de l’activité professionnelle. La formation professionnelle n’est suivie qu’à 15% dans les TPE, contre 60% dans les grands groupes, alors qu’elle est vectrice d’employabilité.

Un enthousiasme mitigé chez les entrepreneurs

La modification du régime fiscal est approuvée par 91% des chefs d’entreprise.  82% d’entre eux souhaitent par ailleurs une rationalisation des aides aux entreprises, ainsi que la contribution d’une plus grande part de l’épargne réglementée au soutien des PME.

En matière d’amélioration de la compétitivité, il s’agit surtout de stabiliser les textes législatifs et réglementaires, mesure sollicitée par 73% des sondés. Les principaux freins au développement étant surtout dus à la rigidité du code du travail (cité à 65% dans les PME et 66% dans le secteur industriel) et la fiscalité des PME (54%).

56% craignent cependant pour le futur de leur propre activité. Si 51% pensent que le statut d’ETI pourrait les sortir de leurs difficultés, seuls 27% se montrent intéressés par un éventuel changement.

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