Cerberus à la tête de PagesJaunes ?

Depuis deux semaines, le fonds d’investissement américain spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, Cerberus, est devenu l’un des plus gros actionnaires de PagesJaunes, détenant ainsi 28% des droits de vote. Une situation que conteste l’un des actionnaires Guy Wyser-Pratte qui réclame ainsi deux sièges d’administrateurs.

L’histoire commence en 2006. A cette période, la société PagesJaunes appartenait alors à 55% à KKR et Goldman Sachs, via leur holding Mediannuaire, et décidèrent d’échanger la dette générée par l’éditeur d’annuaire contre des actions.

Cerberus : opportunité ou menace pour PagesJaunes ?

Le fonds d’investissement Cerberus décide d’acheter cette dette et obtient 75% de la holding, dont 18,5% de PagesJaunes, sans chercher à obtenir des actions PagesJaunes en direct. En effet, pour éviter que chaque actionnaire, détenant des titres de l’éditeur d’annuaire depuis plus de deux ans, ait des droits de vote qui comptent double dès le 1er mai 2013 (statuts amandés lors de l’AG de 2011), celui-ci tente de noyer le poisson pour rassurer les actionnaires, mais en vain. Du coup, Cerberus tente de limiter ses droits de vote sous le seuil de 33% (pour ne pas déclencher une OPA), afin d’éviter la colère générale des autres actionnaires.

Une situation très tendue

A quelques semaines de la prochaine AG prévue le 5 juin prochain, syndicalistes et analystes financiers craignent de terribles bouleversements au sein de PagesJaunes. «Cerberus fait désormais ce qu’il veut chez PagesJaunes», a commenté un expert financier soulignant que le fonds possède trois sièges au conseil d’administration.

En revanche, un des actionnaires minoritaires (0,8% du capital), Guy Wyser-Pratte, a déposé une résolution à la prochaine AG et réclame deux postes d’administrateurs. «KKR et Goldman Sachs ont d’abord siphonné la trésorerie de la société pour s’enrichir au détriment de la société. Ensuite, Cerberus a pris le contrôle de PagesJaunes sans faire d’OPA», a déclaré l’ancien marine. «PagesJaunes est une pépite française», a-t-il ajouté en souhaitant que les politiciens et autres actionnaires se joignent à sa cause.

Quitter la version mobile