
J’ai toujours regardé vers le haut et j’étais motivé par la réussite, par le fait de progresser. Mais au départ, lorsque j’ai intégré le centre de formation, je n’avais pas du tout l’ambition de devenir professionnel. Je voulais juste passer à l’étape supplémentaire, voir à chaque fois ce qui se passait plus haut !
A l’époque j’étais étudiant à la fac en physique chimie et je préparais mon entrée en école d’ingénieur. Entrer au centre de formation était avant tout pour moi un moyen de financer mes études !
Non, pas du tout. En fait, mon ambition était d’obtenir mon diplôme d’ingénieur et d’entrer chez Airbus ou EADS. C’est par hasard que je suis venu à l’entrepreneuriat. J’ai rencontré mes associés il y a dix ans. Voyant qu’ils étaient dynamiques et avaient beaucoup d’idées, je leur ai dit que s’ils créaient quelque chose, ils pouvaient compter sur ma participation. J’avais dans l’idée de m’intégrer petit à petit dans le monde de l’entreprise.
Oui, en tant que sportif de haut niveau, je suis très bien payé, certes, mais cet argent ne me permettra pas de vivre toute ma vie. Je pense donner au fur et à mesure de plus en plus d’importance à mon engagement entrepreneurial.
J’ai fait ce choix car les activités des entreprises que nous dirigeons avec mes associés me permettent de renouer avec ma passion pour le domaine scientifique et de la recherche. Et puis j’ai profité de l’opportunité qui se présentait à moi pour me lancer.
Aujourd’hui le rugby reste ma priorité et me prend énormément de temps. Notamment lors de la Coupe du monde l’an dernier, j’étais à 100 % sur la compétition. Alors j’essaie d’être très organisé dans mon emploi du temps. Je m’investis dans la stratégie de l’entreprise durant mon temps libre. J’essaie de participer au développement de l’entreprise grâce aux contacts que le sport me permet d’avoir.
Dans le business comme dans le rugby, c’est une rude compétition de tous les instants ! Dans les deux cas, la compétition exige une remise en question permanente et la nécessité de savoir accepter les défaites, sans baisser les bras. Il faut également toujours donner le meilleur de soi, même dans les moments difficiles. J’ai retrouvé dans le monde de l’entreprise le même facteur de réussite que dans le rugby : l’esprit d’équipe.
Grâce à mon statut, j’ai la chance de rencontrer des managers et des décideurs à qui je parle de mon entreprise. C’est vrai que c’est plus simple pour obtenir un premier rendez-vous. Mais obtenir le rendez-vous c’est bien et les convaincre de devenir client, c’est autre chose !
MS Innovations est une société spécialisée dans le marketing mobile. Nous avons une offre transversale de services mobiles : applications mobiles, envois de SMS en masse ou campagne QR code. En 2009, nous avons créé Tickxpress qui est une Spin Off de MS Innovations. Elle propose une solution de dématérialisation de billets papiers sur mobile et qui est notamment utilisée par le Stade Toulousain.
Que vous apporte le sport dans votre engagement entrepreneurial et inversement ?
Lorsque j’ai beaucoup de pression, en période de tournois, avoir cet engagement entrepreneurial à côté me permet de relativiser et de penser un peu à autre chose pour évacuer le stress. Et le sport en équipe m’apporte une bonne compréhension des relations humaines, ce qui me permet de mieux gérer des situations dans l’entreprise.
Il existe énormément de similitudes entre les deux fonctions. Il faut savoir écouter, guider ses troupes, déléguer, sans oublier de récompenser le travail des autres.
Lors des matchs, j’ai le statut de « l’ancien » qui doit rassurer ses coéquipiers, alors que lors d’un rendez-vous client, je suis plutôt le petit nouveau qui apprend. Dans tous les cas, je gère le stress en préparant le mieux possible l’évènement. Et j’accepte aussi de ne pas tout maîtriser...