Le petit secret de Mark Zuckerberg…

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale    05/08/16    1
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Haa, les états-Unis ! Leurs hamburgers géants, leurs starlettes hollywoodiennes, leur finale du Superbowl… et surtout leur vision très positive de l’échec. 

Le fameux échec entrepreneurial, cet horizon qui glace tout aspirant porteur de projet et qui fait frissonner les dirigeants. La faillite d’une boîte ou, à moindre mesure, tout échec d’un projet lancé en interne, est vu en France comme la honte suprême pour quiconque ose franchir le pas de la création d’entreprise. Jusqu’à peu, les chefs d’entreprise connaissant un dépôt de bilan se voyaient même fichés à la Banque de France et dans une situation très compliquée pour rebondir et créer une nouvelle structure. Et pourtant, les chiffres sont formels : 75 % des entreprises qui se lancent sont vouées à l’échec. De même, parmi le peu de start-ups qui réussissent à franchir le cap des 3 ans d’existence, combien auront connu un parcours sans aucun accroc, vierge de tout échec, même minime ? Pouvez-vous en citer une au moins ? Hé bien non, toutes les entreprises naviguent de micro-échecs en grosses déceptions. Néanmoins, peu de dirigeants osent aborder ce point. Les échecs sont vus comme les parts d’ombre de leurs parcours, ce qu’il faut absolument essayer de cacher.

Éloge de l’échec

Et si nous adoptions enfin en France une nouvelle façon de voir les choses ? Si nous nous inspirions des états-Unis et de la vision constructive qu’ils ont de l’échec ? Car, aux états-Unis, il n’y a tout simplement pas de réussite qui puisse être considérée comme telle sans qu’elle soit accompagnée d’échecs. Loin d’être simplement toléré, l’échec y est vu comme la cause de la réussite. Certains entrepreneurs sont même allés plus loin et ont développé une théorie du succès pour les start-ups reposant entièrement sur le concept d’échec. Cette méthode, c’est le fail fast (échouer rapidement). Elle est suivie par tous les entrepreneurs à succès de la mythique Silicon Valley, avec, en figure de proue, le géant des réseaux sociaux Facebook.

Rapidité et agilité : les points forts des start-ups

Le fail fast, késako ? La méthode relève d’une philosophie simple, inspirée par l’univers des développeurs web : il s’agit de lever les freins à l’audace pour tenter de lancer des projets, rapidement, sans trop se poser de questions, quitte à connaître des échecs. L’idée est de tester des nouveautés, des idées, des projets, le plus rapidement possible, et de voir si ceux-ci aboutissent sur un demi-succès à améliorer ou sur un échec. Se lancer comme cela rapidement dans l’action permet aux start-ups de ne pas perdre trop de temps (et donc d’argent), si le projet est voué à ne pas prendre auprès des clients. En cas de succès, le potentiel d’une idée peut ainsi être vite repéré et creusé. Cette rapidité d’action et de réaction est-ce qui fait la nature même du succès des start-ups face aux grands groupes, lents à manœuvrer. Faire de la méthode du fail fast une véritable philosophie d’entreprise déverrouille la créativité des équipes et permet aux start-ups d’avancer vite, sans dépenser trop. Dans les start-ups innovantes de la Silicon Valley, les équipes sont encouragées à tester des micro-projets sur une période de temps courte. De ces initiatives découlent pas mal d’échecs, mais naissent aussi toutes les innovations un peu hors du commun qui vont permettre à la start-up d’émerger et de s’imposer sur son marché.

Du fail fast au fail harder

Le fail fast est depuis toujours une méthode de développement prisée par le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg. L’entrepreneur va même plus loin… Plutôt que de prôner le fail fast, il a inscrit sur les murs de son entreprise une expression bien plus forte : « fail harder » (échouer plus fort) ! L’idée est claire, l’entrepreneur invite ses équipes à tenter des projets, même s’ils doivent pour cela échouer. Mais, là où se trouve la différence avec le « fail fast », est que le fondateur pense que, quitte à échouer, autant y aller franchement ! Mark Zuckerberg encourage ses salariés à tenter des choses sans demi-mesure, sans hésiter, car cela sera plus productif que s’ils se lançaient en hésitant un peu. En clair, l’entrepreneur pense qu’un bon ratage, qui est riche d’enseignements et qui apprend beaucoup aux équipes sur les pistes à suivre pour connaître le succès, vaut mieux qu’un petit échec, qui n’aura pas servi à grand-chose. On est loin de la timidité qu’ont les français à oser aborder le thème de l’échec. Même si de plus en plus de start-ups se convertissent et encouragent leurs équipes à oser. Les entrepreneurs commencent à prendre conscience que la stratégie de l’échec est au final bien plus productive que la méthode classique. La stratégie de développement classique des entreprises vise à développer un projet de A à Z et à en théoriser tous les aspects avant d’oser le lancer… et peut-être de connaître un gros échec, beaucoup plus nuisible à la pérennité de l’entreprise. Les entrepreneurs français passent leur temps à se demander quel est le secret de la réussite des entreprises de la Silicon Valley. Et si la cause de leur réussite était finalement à trouver du côté de leurs échecs ?! 

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14 novembre 2014 6
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Lucien BONNET


LA THEORIE DE NEWTON SUR LES COULEURS

À la suite de l’article que j’ai publié dans LE DEVOIR du 26 février dernier sur les préjugés anti-noirs en Occident, de nombreuses réactions se sont manifestées au Canada, tant dans la communauté noire que dans le milieu scientifique. La plupart de ces personnes qui ont pu me joindre, tout en m’approuvant totalement dans mon analyse expliquant les causes profondes de ces préjugés, affirment rester sur leur appétit lorsque je parle de leur nocivité dans le domaine scientifique et que je cite, comme exemple de cette contagion, la théorie de Newton sur les couleurs.

L’espace limité qui m’était réservé n’ayant pu me permettre de m’étendre sur ce point, qu’il me soit permis maintenant de démontrer, avec concision, pourquoi la théorie de Newton sur les couleurs est fausse.

Tout d’abord, qu’est-ce que cette théorie de Newton sur les couleurs ?

Rappelons que la notion de couleur issue d’expérimentation à caractère scientifique découle en Occident de la fameuse démonstration à laquelle se livra en 1665 le célèbre savant Isaac Newton.

Cette expérience consiste à faire passer un « rayon lumineux visible » appelé « lumière blanche », à travers un prisme dans une chambre noire, et provoquer la décomposition de cette lumière en un « spectre continu » de toutes les couleurs.

Newton ainsi, avait cru démontrer que la « lumière blanche » se décompose à travers le prisme en une série de sept rayons réfractés qui produisent sur l’écran où y ils sont projetés des couleurs passant du rouge au violet. Il en concluait donc que la « lumière blanche » renferme différentes lumières dont chacune est plus sombre qu’elle, « la lumière blanche », en tant que partie de l’ensemble. Quant à la plus sombre de toutes, l’obscurité, elle ne saurait, selon lui, constituer qu’une absence de lumière.

Or, à mon avis, qui est aussi le point de vue de plusieurs grands savants, la chambre noire, qui était véritablement noire, devient, une fois pénétrée par le « rayon lumineux visible », un lieu constitué d’un mélange d’obscurité et de « lumière blanche » et n’est donc plus une chambre noire. C’est là l’origine même de « l’erreur de Newton » qui provient d’une mauvaise observation.

En d’autres termes, les éléments de base de son expérience ne sont pas ce qu’il croit qu’ils sont : au cours de l’expérience, nous avons affaire en réalité à une chambre quasi noire, ou encore, quasi blanche. En conséquence, le prisme qui se trouve à l’intérieur de cette chambre quasi noire reflète cette réalité, c’est-à-dire qu’il est déjà soumis à ce mélange de « lumière blanche » et d’obscurité. Ce qui a échappé à l’observation de Newton.

En effet, le prisme, dans la chambre noire de l’expérience, d’un angle il reçoit l’obscurité, de l’autre un faisceau de « lumière blanche ». Il met ainsi en situation ces deux éléments. À son niveau, le rayon lumineux « incident » se trouve transformé, adouci sous l’effet de l’ombre environnante. Jouant le rôle de mélangeur d’ondes le prisme intègre à la fois la « lumière blanche » et l’obscurité. Il en fait la synthèse « in vitro » selon un degré donné dans « l’échelle des gris » actuellement bien connue dans le domaine de la photographie et de la télévision en couleurs. Sous l’effet du « rayon incident » qui agit comme un projecteur, le « rayon réfracté », d’un gris très subtil, passe à travers le prisme. Issu à la fois de la « lumière blanche » et de l’obscurité se forme, dans une chambre quasi noire sur un écran quasi blanc, le « spectre continu » de toutes les couleurs.

Ainsi donc, nous constatons que la « gamme continue » des couleurs, telle que nous la connaissons, constitue la décomposition non pas de la « lumière blanche » mais d’un mélange de « lumière blanche » et d’obscurité, c’est-à-dire d’un gris. « C’est, écrivait déjà le savant allemand Wolfgang Gœthe, la preuve de la loi selon laquelle la lumière n’est qu’un mélange de lumière et de ténèbres, à des degrés divers ». La théorie de Newton sur les couleurs s’avère ainsi totalement fausse.

Et pourtant, les techniques utilisées par les industries de photographie, et donc de cinématographie et de télévision, reposent toujours sur cette théorie erronée.

En photographie, les laboratoires sont les premiers à découvrir, dans leurs manipulations, que la somme des couleurs du spectre donne un gris et non un blanc. Si bien qu’ils se trouvent contraints d’introduire la couleur noire pour obtenir le blanc. C’est là une démonstration en sens inverse que le noir est partie intégrante du processus de la lumière et de la couleur. Chose qui a, faut-il le rappeler, totalement échappé à l’observation de Newton. Malheureusement, si dans leur application et leur usage de la gamme des couleurs, les laboratoires de photographie s’aperçoivent de l’erreur de Newton et la corrigent sur le plan pratique, ils ne s’en démarquent pas pour autant.

Pourquoi ? D’aucuns pourraient affirmer que les grandes industries utilisant le processus de la couleur (imprimerie, photographie, cinéma, télévision et même microprocesseur) maintiennent cette théorie erronée pour des questions de gros intérêts financiers, notamment en ce qui a trait aux brevets d’invention et aux secrets de fabrication, quoique, également, des préjugés anti-noirs profondément enracinés dans la culture occidentale ne seraient pas étrangers, dans le domaine de l’Optique, à « cette phase de repos et presque de stagnation plutôt que de progrès théorique ».

Il revient donc aujourd’hui au Monde scientifique (universitaires, chercheurs, etc.) de dépasser de tels handicaps et de corriger la théorie de Newton, afin de laisser libre la voie au cheminement du progrès.

Lucien Bonnet

www.contact-canadahaiti.ca

Article publié dans le journal montréalais « Le Devoir » en date du 15 avril 1986.
L’auteur, Montréalais d’origine haïtienne, a réalisé un film intitulé « Où vas-tu Haïti ? ».

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