Les secrets de la levée de fonds auprès de Business Angels

Olivier Nishimata    06/08/13    0
la levee de fonds

Il nous est souvent demandé souvent comment nous avons fait pour lever des fonds auprès de Business Angels de trois réseaux, les astuces pour réussir et surtout celles que l’on cache, les questions auxquelles on doit absolument répondre, les pièges à éviter… Il est donc temps de révéler les méthodes qui nous ont été conseillées et qui ont marché. 

Un contexte pourtant défavorable

Avant de commencer, petit retour rapide sur notre situation et le contexte économique dans lequel nous avons levé des fonds pour montrer que celui-ci n’est souvent pas favorable. 

Nous avons décidé de sortir notre magazine en février 2009, 1 mois avant que la bourse n’atteigne son plus bas niveau dans toute l’histoire de cette crise dont chacun espère la fin prochaine.

La structure avait été créée quelques mois auparavant en juin 2008 alors que le contexte économique semblait favorable et aucune banque ne s’était encore effondrée. Tout n’était pas rose : la presse allait mal et le journal le Monde faisait la une des actualités … quant à sa mauvaise situation financière. 

Dès le premier numéro, nous avons ressenti les effets de la crise puisque les budgets communication sont souvent les premiers coupés. Notre chiffre d’affaires a été bien moins important que dans nos prévisions et même que celui de nos premiers numéros tests. Le magazine avait pourtant été amélioré, les outils commerciaux rendus attractifs... 

Nous avons donc décidé dès mars 2009 de nous lancer dans une levée de fonds sachant que la trésorerie ne résisterait probablement pas à une chute de nos ventes par rapport à nos prévisions

Le chiffre d’affaires montait doucement mais nous étions loin … très loin de la rentabilité.

Préparez vos slides

La première chose que nous avons faite a été de peaufiner notre présentation. Assez bizarrement nos slides étaient tout l’inverse de ce que nous avions appris à l’école : chargées, esthétiquement peu attractives, sans image… 

Nous avons donc dû les retravailler pour en faire des « slides » légères (votre interlocuteur doit vous écouter et non passer son temps à les lire) et elles se sont révélées très utiles lors des présentations. Le stress peut parfois vous faire oublier votre discours même si vous ne le ressentez pas.

Un contenu précis

Les slides doivent réunir les informations les plus importantes. On nous avait conseillé de débuter par les fondateurs (leur rôle, leur parcours) car ce qui est souvent au centre de l’investissement, c’est vous. On dit d’ailleurs souvent que deux idées identiques naissent dans le monde mais que c’est le porteur de projet qui en fait une réussite ou non. 

Nous avions ensuite abordé le produit et ses avantages, son positionnement par rapport à la concurrence (on a toujours un concurrent même indirect), les sources de rentabilité, l’évolution et les premières avancées, la stratégie commerciale, la stratégie plus globale et un résumé des points forts. 

Nous avions dédié nos deux dernières slides à deux points cruciaux pour les business angels :
- Ce que nous allions faire de l’argent en cas d’investissement
- La valorisation de la société

Le premier point est fondamental car les Business Angels se demandent souvent pourquoi le porteur de projet lève de l’argent. 

Le deuxième est un peu bizarre car aucune des méthodes « traditionnelles » telle que la méthode DCF ou des multiples ne peut s’appliquer aux startups. Il est donc en réalité quasi impossible de déterminer la valorisation de celle-ci. L’équation se révèle être plutôt : combien suis-je prêt à te donner et toi à donner pour que tu rentres dans mes actionnaires ?

Il faut savoir que la plupart des porteurs de projet cède entre 10% et 50% de leurs parts en fonction du montant investi, de la rentabilité de la société au moment de la levée, de la présence de nombreux investisseurs cédés. En dessous de 10%, et au dessus de 50% des parts, certains Business Angels peuvent exclure le dossier.

Un discours type à préparer

On croit souvent qu’une bonne présentation vient d’un orateur totalement à l’aise. Dans notre cas, nous avions préparé un discours type, qui était modulable suivant la durée des présentations devant les Business Angels : 5min, 7min, 10 min… Nous l’avions appris par cœur et l’avions souvent répété afin de rendre la présentation naturelle et ne pouvoir être que très peu affecté par l’environnement. Je me rappellerai toujours qu’un d’entre eux dormait dans la salle où nous présentions. Préparer, nous a donc permis de ne pas être déstabilisés. 

Autre astuce : la présentation est suivie la plupart du temps par une séance de questions- réponses. Il vous faudra gérer ce droit de poser une question en vous avançant vers la personne quand vous lui répondez et en vous reculant ensuite afin qu’une autre personne puisse poser une question. Le risque étant d’avoir un « hargneux » qui cherche la petite bête.

Anticipez bien les questions et faites des présentations à vos amis afin de voir les questions qu’ils pourraient vous poser. S’ils posent toujours la même, c’est souvent que la présentation n’y répond pas. Vous pouvez décider de préparer la réponse ou l’inclure dans vos slides suivant les cas.

En conclusion, préparez minutieusement votre présentation et votre discours car il s’agit d’un exercice difficile et vous n’aurez souvent qu’une chance de présenter devant chaque réseau.

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Olivier Nishimata
Olivier Nishimata
Rédacteur en chef de Dynamique Entrepreneuriale
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