Entrepreneurs : sélection d’ouvrages à lire ou relire cet été

Fabien Risterucci    24/07/13    2
ouvrages a lire

La période estivale est propice pour prendre du recul, réfléchir, découvrir de nouveaux horizons et ainsi s’inspirer de nouvelles tendances pour développer ses affaires. Dans cet esprit, je vous ai sélectionné quelques-uns de mes coups de cœur du moment. Je vous engage à une bonne lecture cet été.

Dans Israël Valley: Le bouclier technologique de l'innovation, paru le 21 juin 2013 aux Editions Pearson, collection Village Mondial, Edouard Cukierman et Daniel Rouach vous apportent la grille de lecture d’un pays aujourd’hui puissance mondiale de la haute-technologie et des startups. Comment s’en inspirer pour réussir ?

A l’heure où les autorités se sont engagées à une réduction des dépenses publiques d’ici 2017, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP, s’interroge sur le surcoût de production des services publics français par rapport aux autres pays de l’Union européenne, qu’elle estime de l’ordre de 60 milliards d’euros par an. Elle préconise dans son ouvrage paru aux Editions Albin Michel,60 milliards d'économies ! Oui...mais tous les ans, de prendre des mesures radicales visant à supprimer les nombreuses initiatives en doublons résultant notamment du millefeuille administratif au niveau territorial.Selon elle, alors que l’Etat demande aux entreprises françaises « d’être compétitives malgré une charge fiscale devenue quasiment insoutenable, la sphère publique doit l’être aussi ». Ce livre redonnera espoir à celles et à ceux qui souhaitent davantage de transparence au niveau local. C’est une réelle prise en compte de l’intérêt général et une réponse au désir de la société civile d’avancer d’une manière ou d’une autre vers une démocratie plus participative. Les entrepreneurs ont à mon avis intérêt à prendre le leadership dans le débat des idées relatif à ce sujet d’actualité, en vue d’une inévitable réforme.

L'Art de l'enchantement, comment influencer les cœurs, les esprits et les actes, paru aux Editions Diateino, présente une palette d’outils ayant pour objectif d’enchanter ses clients, ses employés, son chef. Guy Kawasaki livre ses conseils sur l’utilisation du« processus d'enchantement » par les entrepreneurs qui pourront ainsi égaler le degré d'enchantement aussi puissant que celui des marques célèbres.

L'art de se lancer : Le guide tout terrain pour tout entrepreneur de Guy Kawasaki et Marylène Delbourg-Delphis et paru en 2006 en France aux Editions Diateino, demeure un livre de chevet.

Je vous engage à lire ou plutôt à relire Made in America: Regaining the Productivity Edge, des auteurs Michael L. Dertouzos, Richard K. Lester, Robert M. Solow et la Commission du MIT sur la productivité industrielle, dont la version française traduit de l'américain par Paul Chemla aux Editions InterEditions avait été préfacée par François Dalle. Un quart de siècle plus tard, cet ouvrage demeure tout à fait d’actualité de par la crise que nous rencontrons et le « court-termisme » ambiant.

Jean-Michel Severino, ancien directeur de l'Agence Française de Développement, et Olivier Ray dressent un tableau brisant les clichés véhiculés sur le continent africain depuis de nombreuses décennies dans un des livres de référence qui est paru depuis un certain temps aux Editions Odile Jacob, Le Temps de l’Afrique. Tout en prenant en compte les risques inhérents aux contextes locaux, il est urgent selon les auteurs de porter un nouveau regard sur l'Afrique et de réinvestir économiquement, politiquement et intellectuellement un continent où vont se jouer les grands enjeux du 21ème siècle.

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique est l’auteur de Populismes : la pente fatale, chez Plon, collection Tribune Libre, dans lequel il fait référence à la résurgence partout en Europe de diverses formes de populisme. Le multiculturalisme, qui a longtemps été la force motrice d’une Europe en construction et qui a permis à de nombreux acteurs économiques de se développer sur de nouveaux marchés, semble désormais un échec selon l’auteur. Ce texte de sociologie politique viendra enrichir vos questionnements et votre réflexion.

Dans un tout autre registre, Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants aux Editions Tulys (2ème impression) revient non sans humour et dans un univers kitsch des années 1950 sur la définition du mot libéral. Son auteur, Daniel Tourre présente en 236 pages « les idées libérales et la vérité du libéralisme telle qu’elle n’est jamais présentée en France » selon lui. Afin de dénoncer pourquoi « le libéralisme est devenu un gros mot en France », l’auteur rappelle la grande tradition libérale du pays, et fait référence aux grands penseursont pris toute leur part dans le développement de ce courant de pensée (Tocqueville, Benjamin Constant, Frédéric Bastiat, pour ne citer qu’eux). Quoi qu’il en soit, la lecture d’un ouvrage sur un sujet parfois occulté et inhérent aux grands principes de fonctionnement de l’économie de marché est certainement propice au développement de sa culture personnelle.

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14 novembre 2014 6
À propos de l'auteur
Fabien Risterucci
Fabien Risterucci
Consultant international indépendant, FR Prospektiv
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2 commentaire(s)
Sabine Rakotobe

Sélection très diversifiée : comme les trois derniers cités me parlent, je vais me les procurer ! Merci pour ce partage.

Wallez

Réf au livre de Reynié. Le multiculturalisme a-t-il vraiment échoué en France ? Si un certain nombre de jeunes issus de l'immigration échouent, d'autres et de plus en plus nombreux réussissent un vrai cursus scolaire et universitaire. Mais le système éducatif a un énorme défaut pas forcément inhérent à sa structure : l'évaluation. La Modernisation de l'Action Publique (MAP) a repoussé à l'automne la restitution de son bilan éducation prioritaire, le Sénat va délivrer un document la semaine prochaine. Certes, la méthodologie est délicate à manier. Quand un élève de ZEP "marche" bien, quels sont les paramètres essentiels de ce succès ? A mon sens, il faudrait déjà rendre légales les stats ethniques. C'est certes avancer sur un terrain miné, le fameux risque de stigmatisation, mais ce serait également faire avancer la recherche.

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