Créer son entreprise, pourquoi pas ?

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     10/04/19    
creer entreprise pourquoi pas

Créer son entreprise dans ce contexte, où chaque jour les unes de la presse présentent des licenciements économiques, qui laissent démunis les salariés, les entraînent à envisager de créer leur entreprise et à se demander pourquoi pas ? 

Les dispositifs proposés pour créer son entreprise comme le micro entrepreneur et le portage salarial permettent au Français d’envisager la création de leur entreprise. En effet ces dispositifs ne demandent pas d’investissement financier.  Des situations comme le licenciement économique les conduisent à réfléchir comment utiliser leurs compétences et comment ne pas se retrouver dans la spirale du chômage. Ils y réfléchissent en amont et regardent les opportunités de leurs secteurs. Ils sont conscients qu’ils vont devoir passer de la dépendance d’un manager à la dépendance d’un client qu’il leur faudra rechercher car sans clients pas de chiffre d’affaire. Ils ne se voient pas gagner des sommes astronomiques mais pouvoir vivre décemment du fruit de leur travail.

Deux études significatives

L’Union des auto-entrepreneurs (UAE) et l’Insee ont présenté deux études parallèles mais complémentaires sur l’entrepreneuriat.

Forte hausse de la création d’entreprise

La première portait sur la création d’entreprises en 2018, qui est en forte hausse, en particulier en raison de la hausse du nombre de micro-entrepreneurs. Au niveau national, 691 000 entreprises ont été créées l’année dernière (+ 17 % par rapport à 2017), dont 182 000 « individuelles classiques » (+ 20 %), 308 000 sous le statut de micro-entrepreneur (+ 28 %), et 201 000 en tant que sociétés (+ 2 %).

Cette hausse concerne la totalité des secteurs, mais les plus dynamiques sont les transports et l’entreposage, les services aux ménages, les activités immobilières et les activités spécialisés, scientifiques et techniques. Les moins dynamiques sont les activités financières et d’assurance, ainsi que la « santé humaine et action sociale ». Selon l’Insee, les créateurs d’entreprise sont « toujours aussi jeunes », avec un âge moyen de 36 ans en 2018 comme en 2017.

15 millions d’entrepreneurs potentiels en France

L’étude OpinionWay dévoilée en parallèle, et réalisée pour l’UAE à l’occasion du Salon des Entrepreneurs (avec le soutien de la Fondation Le Roch – Les Mousquetaires), porte sur le regard des Français sur les créations d’entreprise, comparé à celui des habitants de 4 autres pays européens.

Sur les 15 millions de Français qui envisagent de créer ou reprendre un jour une entreprise, 50 % prévoient de le faire dans les deux ans et 48 % dans plus de deux ans. Sur l’ensemble des Français, 7,5 millions ont ce projet dans les deux ans, et 3,5 millions dans un délai de 12 mois. « Ces chiffres importants sont sans nulle doute liés à la création du statut d’auto-entrepreneur en 2009 (devenu celui des micro-entrepreneurs en 2016) », constate François Hurel, président de l’UAE, François Hurel  . En outre, il y a 11 ans, le nombre de création d’entreprises était de 332.000, puis de 580.000 en 2009.

 Quels sont les freins ?

Selon l’étude OpinionWay / UAE, 88 % des Français considèrent le travail indépendant comme un moyen de « se créer son emploi ». Mais ils ne sont que 53 % à estimer que le micro-entrepreneuriat et le freelancing permettent de bien gagner sa vie, et 48 % à penser que cette façon de travailler est « valorisée » par la société.

Selon le président de l’UAE, François Hurel  le « levier principal » qui permettra de changer les choses serait le renforcement de la protection sociale des indépendants, notamment via un socle commun au niveau européen. 52 % des Français considèrent en effet que le déficit de couverture des free-lances et micro-entrepreneurs (droit au chômage, indemnités maladie, accidentologie…) est la principale difficulté des travailleurs indépendants et des micro-entrepreneurs.

Des dispositifs méconnus

C’est l’un des autres enseignements, paradoxal, de l’enquête de l’lfop. Si le désir d’entreprenariat croît, le sentiment qu’il est difficile de créer son entreprise en France reste fort, puisqu’il est partagé par 68 % des sondés. Les principaux freins perçus sont le poids des charges et des impôts pesant sur l’activité (42 %), la crainte suscitée par le risque financier (40 %) et la complexité des démarches administratives (33 %). Certaines dispositions du gouvernement propices à l'entrepreneuriat sont encore trop peu connues, comme la loi Pacte, qui devrait simplifier et baisser le coût de la création d’entreprise.

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