Bad buzz : Facebook dans la tourmente avec Cambridge Analytica

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     27/03/18    
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Depuis plusieurs jours, Facebook est confronté à un bad buzz retentissant. La responsabilité du célèbre réseau social est mise en cause en raison d’une fuite de données personnelles de 50 millions d’utilisateurs. Une enquête journalistique sur Cambridge Analytica, l’entreprise qui s’est procurée les données de millions d’utilisateurs, a donné l’alerte sur les pratiques de l’entreprise britannique et le peu de sécurité du réseau social américain. 

Les données personnelles exploitées par Cambridge Analytica

La tourmente actuelle de Facebook débute avec des révélations concernant un cabinet spécialisé dans les études des consommateurs intitulé Cambridge Analytica. En 2014, elle développe une application (Thisisyourdigitallife) pour répondre à un questionnaire d’opinion. Pour s’inscrire les utilisateurs doivent se connecter avec leur compte Facebook en dévoilant toutes les données personnelles ainsi que les données de géolocalisation et les amis. Grâce une légère rémunération, l’engouement a engendré l’inscription de 270 000 personnes, mais comme les développeurs de Cambridge Analytica avaient accès aux amis de ces personnes, il s’agit en réalité de 50 millions de personnes touchées. Non seulement, l’exploitation de ces données n’a pas été spécifiée aux utilisateurs et à leurs amis, mais elles ont servi à établir des profils politiques et psychologiques dans le but de créer des campagnes publicitaires. Cette fuite de données aurait permis d’orienter les avis de certains électeurs durant la campagne présidentielle américaine de 2016 ou encore possiblement le référendum sur le Brexit. 

Une obtention prétendue illégale selon Facebook

Même si les accusations se dirigent essentiellement vers Cambridge Analytica, Facebook a sa part de responsabilité pour ne pas avoir informé ses utilisateurs et pour avoir permis à une telle entreprise de récupérer simplement des données personnelles. Selon, le réseau social américain, les données ont été obtenues illégalement, mais en 2014, l’accès aux informations personnelles n’était pas encore restreint. C’est seulement en 2015, que Facebook a limité l’accès aux développeurs d’application. Selon la firme américaine, les données recueillies par Cambridge Analytica auraient donc dû être détruites en 2015, ce qui n’a vraisemblablement pas été le cas. L’entreprise américaine se heurte à un bad buzz retentissant pour ne pas avoir protégé suffisamment ses utilisateurs. 

Un nouveau bad buzz pour la firme américaine 

Cette affaire remet en cause la légitimité du réseau social dans l’élection présidentielle américaine de 2016, car si finalement, Cambridge Analytica s’est servie des profils élaborés à l’aide des données personnelles pour des campagnes publicitaires, nombre d’internautes ont pu être influencés dans leur vote. Facebook se retrouve donc empêtré dans une situation complexe ces derniers temps, puisque l’entreprise a été accusée de ne pas avoir correctement géré la diffusion des "fake news" lors de la campagne présidentielle. Le réseau social se retrouve de nouveau dans la tourmente à cause d’une gestion zélée de sa plateforme. 

Mobilisation des internautes à cause du scandale 

À la suite de ce scandale, les réactions du géant de Facebook se sont fait attendre. Le PDG, Mark Zuckerberg, a répondu plusieurs jours après le début du scandale. L’entreprise est accusée de ne pas savoir protéger ses utilisateurs et il a préféré répondre par : « Il y a eu une rupture de confiance et je suis vraiment désolé de ce qui est arrivé. Nous avons la responsabilité de protéger les données personnelles. Si on ne le fait pas, on ne mérite pas de servir les gens ». Même si Mark Zuckerberg s’est excusé, la défiance envers le réseau social ne cesse de croître et les utilisateurs préfèrent lui tourner le dos. Depuis le dévoilement du scandale, une large campagne de désabonnement s’est mise en place. Un hashtag a été lancé à l’encontre de Facebook (#deleteFacebook, « supprimerFacebook »), sur la plateforme du concurrent, Twitter, le hashtag est toujours en tendance après plus d’une semaine de scandale. 

Des mesures pour réparer le bad buzz 

Un tel scandale remet en question l’intégrité des réseaux sociaux et l’impact de la diffusion de données personnelles. Pour essayer de rassurer les utilisateurs, le PDG de Facebook a évoqué de nouvelles mesures qui seront prochainement prises en compte par le réseau social. Pour faire face au bad buzz, une entreprise est dans l’obligation de trouver rapidement des solutions pour contrecarrer le problème survenu. La première prise en charge va concerner les applications qui ont eu accès à toutes les données personnelles avant la restriction de 2015, pour connaître les possibles failles. Les développeurs devront être honnêtes et dévoiler s’ils ont encore accès aux données personnelles d’utilisateurs de Facebook et si tel est le cas, les supprimer. Si les développeurs veulent accéder à des informations supplémentaires autre que la photo de profil, le nom et l’adresse mail, ils devront demander l’autorisation à Facebook et signer un contrat. Ce sera désormais à la firme américaine de protéger ses utilisateurs et non à ces derniers de lire toutes les conditions (qu’en réalité presque personne ne lit). Et la dernière mesure consistera à montrer les applications reliées à Facebook en haut du fil d’actualité pour enlever les autorisations à certaines applications s’il le faut. 

En conclusion, Facebook après le bad buzz de la prolifération des « fake news » sur son réseau social en 2016, revit un second bad buzz qui démontre la puissance des failles de sécurité et de l’impact qu’elles peuvent avoir. Même si le réseau social s’est excusé, la remontée risque d’être semée d’embûches. L’arrivée du RGPD (Règlement général sur la protection des données) en mai 2018 en Europe obligera les réseaux sociaux à faire d’autant plus attention avec ses utilisateurs européens et Facebook devra également s’y contraindre. Une polémique qui arrive au bon moment pour faire réagir les pays du monde entier sur ce problème qui devient récurrent. 

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