L’achat en vrac, une nouvelle tendance

L'équipe Dynamique Entrepreneuriale     30/04/19    
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L’achat en vrac, lié au Zéro Déchet, représente une tendance qui connaît un développement exponentiel en France. Les emballages ont la vie dure et ne trouvent plus preneurs. Ils sont décriés tout azimut et le vrac s’impose de manière naturelle.

Les consommateurs aujourd’hui sont prêts à adopter ce mode de distribution puisque d’après une étude du cabinet Nielsen, 37% des consommateurs ont déclaré acheter des produits en vrac en dehors des fruits et légumes frais. Cette proportion s’avère plus élevée chez les moins de 35 ans.

Il est essentiel de constater que le prix peut également représenter un argument non négligeable puisque selon 60 millions de consommateurs, un produit en vrac coûte 5 à 30% moins cher qu’un produit emballé à qualité comparable.

Mais qu’achète-t-on en vrac ?

Plus d’un acheteur ‘vrac’ achète des fruits oléagineux (noix, noisettes…) ; les fruits secs arrivent rapidement ensuite, achetés par 47% des acheteurs vracs, puis diverses céréales et féculents. Le sucre et la farine sont également achetés en vrac : ils sont cités par 10% des personnes interrogées et les liquides vaisselle par 6%. Il faut ajouter que la clientèle du vrac se montre en général plus sensible à l’environnement et se distingue dans ses achats : elle achète du bio, des produits équitables et locaux en plus grande quantité que la moyenne. Elles restent lectrice des informations sur les emballages.

Qui achète en vrac ?

Selon le Credoc, dans sa lettre du mois d’avril 2019, certains comportements au potentiel durable, limité mais réel, des « petits gestes », s’ancrent progressivement dans la société, particulièrement dans les classes supérieures. Ainsi, 70 % de la population a acheté au moins un produit issu de l’agriculture biologique au cours des six derniers mois, contre 44 % seulement en 1998. C’est également le cas pour d’autres produits labellisés durables, comme les produits alimentaires en vrac (+15 points) ou les produits biodégradables pour le ménage (bien que la proportion de ceux-ci soit en baisse en raison de la généralisation des lessives sans phosphate depuis l’interdiction de ce produit dans les lessives domestiques en 2007).

Les plus diplômés se distinguent par leur engouement croissant pour certains produits de la consommation durable. 54 % des Bac+5 avaient acheté des produits alimentaires en vrac en 2018, soit une hausse de 6 points par rapport à 2009 ; la tendance est inverse chez les non diplômés : seuls 37 % ont acheté de tels produits en 2018, soit une baisse de 5 points.

Pour Catherine Urvoy, experte consommateurs chez Nielsen, “La tendance de l’achat en vrac s’inscrit dans un mouvement de fond de consommation plus responsable. Nul doute que le potentiel est considérable… Plusieurs enseignes proposent même à leur clientèle des spiritueux en vrac.”

Les enseignes adeptes du Vrac

Avant 2014, aucun magasin ne proposait ce type de distribution. Aujourd’hui, Réseau Vrac estime qu’il existe plus de 160 épiceries vrac spécialisées et qu’environ 80% des magasins bio sont équipés d’un rayon spécifique. Les grandes surfaces développent également ce type de rayon dans leurs enseignes, mais les contraintes liées à ce type de distribution sont un obstacle de taille. 

En 2018, la distribution de produits en vrac, hors produits frais, a représenté 850 millions d’euros. C’est encore un marché de niche puisqu’il représente 3% du marché des produits de grande consommation, mais il pourrait peser 3 milliards d’euros en 2022.

Ces produits en vrac sont le plus souvent achetés dans les magasins spécialisés bio (c’est le cas pour 52% de ces acheteurs), juste devant les hypermarchés (49%) qui présentent le plus souvent un univers ‘vrac’ désormais.

Quelques exemples

Day by day, lancé en 2013 par Didier Onraita et David Sutrat, propose d’acheter en vrac l’essentiel des produits du quotidien. Pâtes, riz, légumes secs, apéritifs, fruits secs, confiserie, épices, thé, café, droguerie, hygiène, animalerie… Ce sont plus de 700 produits disponibles en quantité à la demande et sans emballage superflu.

My retail box  évoque un chiffre d’affaires consolidé en 2019 de 33 à 35 millions d'euros, soit une croissance de plus de 65% par rapport à 2018.

Les grandes enseignes suivent la tendance

Carrefour a étendu la vente en vrac dans les espaces « Bio expérience » de 400 à 500 mètres carrés développés dans les hypermarchés et certains supermarchés. Carrefour propose plus de 170 références. Pour le bio, Carrefour s'inspire de  So Bio, l'enseigne spécialisée rachetée.

Franprix a équipé cent cinquante de ses magasins de ces contenants traditionnellement présents dans les magasins bio. Et le concept tend à s'élargir dans de multiples produits : on peut y acheter de l'huile d'olive, remplir sa bouteille de gin ou de rhum, couper ses propres herbes aromatiques.

Le vrac n’a pas dit son dernier mot !

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