[Start-up] Une PME française veut vaincre le SIDA

    05/05/14    

Créée en 2011, Biosantech est une petite PME qui a pour objectif de vaincre le SIDA grâce à un vaccin qu’elle est en train de développer. Il s’agirait d’un vaccin thérapeutique, c'est-à-dire que l’on administrerait aux personnes déjà atteintes par le virus afin de contrer ses méfaits. Cela permettrait de soigner les séropositifs mais pas d’empêcher la propagation de la maladie.

Une création d’entreprise atypique

La jeune PME de recherche médicale vient d’obtenir l’autorisation de poursuivre son protocole d’essai clinique sur le vaccin qu’elle développe. Le vaccin en question vise une protéine qui est mise en cause dans l’effondrement du système immunitaire des personnes infectées par le virus.

La directrice de Biosantech, Corinne Tréger, confie à Challenges magazine : "Actuellement nous sommes la seule société au monde à être en phase II d'un protocole qui en compte trois. Ce qui fait de nous la société la plus en pointe pour parvenir à mettre au point un vaccin thérapeutique, c'est-à-dire traitant des personnes atteintes du virus du Sida".

Une histoire assez peu banale accompagne le succès de la PME. "Je travaillais avec mon mari dans une société d'importation de matières premières pour des laboratoires pharmaceutiques. J'ai été amenée à participer à l'élaboration d'un vaccin contre la grippe aviaire. C'est à cette occasion que j'ai rencontré le docteur Jean Bora de Mareuil. C'est lui qui m'a parlé des brevets concernant un vaccin contre le sida".

Des bénévoles pour développer le vaccin

A la suite de cette rencontre, Corinne Tréger et son mari, aujourd’hui décédé, n’hésitent pas à dépenser toutes leurs économies pour racheter les brevets à une société américaine qui détenait les droits mais qui n’avait plus les financements nécessaires au développement du vaccin. Le groupe américain s’était arrêté au stade des essais précliniques.

Beaucoup d’imprévus ont entravé le démarrage de Biosantech, ce qui a contraint la directrice à reprendre son activité d’origine, kinésithérapeute. "A partir de 2011, date de création de Biosantech, je travaillais douze heures par jour dans mon cabinet de kiné pour pouvoir payer mes factures. Bien sûr, le soir venu, il fallait aussi s'occuper de Biosantech pour faire avancer le projet de vaccin".

De plus, la directrice générale se rappelle qu’"aucun dirigeant de la société n'a touché de salaires".
Les coûts liés au développement du vaccin étaient tellement élevés que rémunérer les dirigeants était impensable, alors qu’un certain nombre de chercheurs de renommé tels que Jean-Claude Chermann, membre de l’équipe du professeur Montagnier qui à découvert le virus, soutiennent le projet.

2017 serait l’année de la commercialisation

La jeune PME ayant été reconnue par des grands noms du milieu et faisant preuve de volontarisme et de crédibilité, est parvenue à obtenir des partenariats avec le CNRS ainsi que l’Hôpital de l’Assistance Publique du Médicament.

S’ajoute à cela, une aide financière de la BPI (Banque Publique d’Investissement) à hauteur de 230.000 euros ainsi qu’un apport financier provenant de la plateforme de crowdfunding Happy Capital, peu banal dans le milieu médical qui est en général mené par de très grosses structures qui n’ont pas l’habitude de se financer sur le net. "Nous avons récolté 250.000 euros via la plateforme Happy Capital, une société de financement participative", précise Corinne Tréger.

Malgré la grande difficulté que représente l’autorisation de mise sur le marché d’un vaccin, la directrice annonce la date de 2017 en ce qui concerne la commercialisation du produit.
"Nous souhaitons à terme que le prix du vaccin soit fixé en fonction du Produit Intérieur Brut de chaque pays pour ne pas défavoriser les pays les plus pauvres", conclut-t-elle.